Angela Gheorghiu, La Callas de nos jours

L’association AVETIS, qui cherche à promouvoir diverses formes d’expression artistiques et à favoriser des échanges culturels entre la Suisse et l’Arménie, surprend toujours avec des événements exclusifs à Genève. Dans le cadre des concerts organisés par l’association, le Victoria Hall accueillera le 17 janvier 2019 un événement exceptionnel: la venue de la grande cantatrice roumaine Angela Gheorghiu pour un récital lyrique où elle sera accompagnée par le pianiste Frédéric Chaslin, dans un répertoire riche et varié, de Pergolèse à Debussy, en passant par des compositeurs roumains (et quelques surprises !).

Texte: Emmanuel Mastrangelo

Angela Gheorghiu est une artiste que l’on ne présente plus. Diva assoluta, formant à une époque un couple glamour avec la star du bel canto Roberto Alagna (dont elle a divorcé depuis) avec qui elle a souvent chanté en duo, celle que l’on voit comme la Callas de notre temps est un phénomène rare, non seulement par sa technique vocale exceptionnelle, son interprétation dramatique et sa présence scénique, mais aussi par son talent à porter l’art de l’opéra à un vaste public, touchant aussi bien les mélomanes avertis que les néophytes. On raconte que le chef d’orchestre Georg Solti, qui était pourtant un vieux routard des productions lyriques, a dit à propos des répétitions de « La Traviata » en 1994 où il dirigeait la jeune Angela: « J’avais les larmes aux yeux, j’ai dû sortir de la salle ». Cette anecdote illustre bien sa capacité à émouvoir et à toucher le cœur de ses auditeurs.

Née à Adjud en Roumanie, Angela Gheorghiu savait dès son plus jeune âge qu’elle serait chanteuse lyrique. Ses études à Bucarest achevées, la chute du régime communiste de Ceauşescu lui permet d’accéder à une carrière internationale. Ses débuts au Royal Opera House de Londres en 1992 dans « La Bohème » de Puccini, puis sur les scènes du Metropolitan Opera de New York et du Staatsoper de Vienne, assureront sa célébrité. Depuis, elle s’est produite dans le monde entier sur les scènes les plus prestigieuses, et ses disques ont été récompensés de nombreux prix. Elle se lance en 2000 dans le genre de l’opéra filmé, en jouant dans « Tosca » de Benoît Jacquot, puis dans l’adaptation du « Roméo et Juliette » de Gounod en 2002. Par deux fois désignée « artiste de l’année » par les Classical Brit Awards, docteur honoris causa de plusieurs universités, elle a été décorée de la plus haute distinction par le président de Roumanie et nommée chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en France.

Entendre en récital Angela Gheorghiu, qui s’est produite à Genève pour la dernière fois en 2013, est une occasion rare. Avec la complicité de Frédéric Chaslin, pianiste, compositeur et chef d’orchestre renommé, elle ravira, à n’en pas douter, ses admirateurs de longue date comme ceux qui la découvriront pour la première fois.

Angela Gheorghiu, le 17 janvier à 20h
Victoria Hall, Genève
www.avetis.ch