Avec « Minuit », le cirque met un point de suspension au temps qui passe

Le spectacle de Yoann Bourgeois propose, l’espace d’un week-end, de s’envoler du côté des rêves où l’apesanteur défie les lois de la gravité.  » Minuit », c’est plus que du cirque. Subtil mélange d’acrobaties, de danse, de théâtre et de chants, ce spectacle aura lieu le samedi 7 et le dimanche 8 septembre au Théâtre Forum Meyrin.

Texte: Valérie Geneux

À la croisée de plusieurs arts, le metteur en scène affectionne la notion hétérogène de sa création: « J’apprécie les différentes intensités du cirque dit classique, mais aussi la virtuosité des numéros de ‘Minuit' ».

Photo: Géraldine Aresteanu

Ce spectacle, commande du Théâtre de la Ville à Paris, est une production rassemblant plusieurs pièces d’une dizaine de minutes chacune. Ces dernières sont autonomes les unes des autres. Cela signifie qu’elles peuvent se dérouler partout. « Chaque théâtre se révèle différent. Nous devons constamment nous adapter face à la nouveauté. De cette manière, on fait jouer le théâtre. Il y a une part de réincarnation » explique le metteur en scène. Le lien entre toutes ces séquences? La notion de suspension et un rapport vertigineux au vide. « La définition de suspension se trouve à la croisée des champs, explique Yoann Bourgeois, du point de vue physique par l’absence de poids et au temps par le présent absolu, l’instant ». Ainsi, cette création veut représenter une fenêtre ouverte sur l’humanité.

Quatre virtuoses, dont une musicienne-femme-orchestre, occupent la scène. La fragilité des artistes se traduit par l’énorme exigence que demande le spectacle. Le vertige omniprésent sollicite un lâcher-prise total comme dans un des numéros où un homme ne cesse de tomber d’un escalier et rebondit sur un trampoline. La simplicité de la mise en scène permet à tout un chacun de s’y reconnaître et de ressentir différentes émotions. L’absence de poids donne une dimension aérienne au spectacle défiant ainsi la gravité qui nous cloue au sol.

Photo: Géraldine Aresteanu

Pour son passage à Genève, Yoann Bourgeois propose un prologue sous plusieurs formes. « Ophélie » d’abord, où une femme dans un aquarium géant se noie. Est-ce un suicide ou un accident? Directement inspirée du personnage dans « Hamlet » de Shakespeare, Ophélie incarne la dissolution. Puis « Fugue/ Balle », numéro de jonglage en solo, écrit sur une musique de Bach. Ces scènes, composites de « Minuit », représentent le fruit de la recherche de Yoann Bourgeois tout au long de sa carrière d’artiste.

« Minuit ». Une heure de suspension, de romantisme ou encore de tous les possibles. C’est aussi le commencement de la nuit noire et de la frontière entre l’amour et les rêves. Un moment arrêté entre deux instants, éphémère et si symbolique.

Minuit

Les 7 et 8 septembre à 19h

Théâtre Forum Meyrin

https://www.forum-meyrin.ch/