cette obscure clarté qui tombe des étoiles: tragi-comédie éclatante sur les planches 2018-02-27T14:17:10+00:00

« Cette obscure clarté qui tombe des étoiles »: tragi-comédie éclatante sur les planches

 

Les 26 et 27 avril, le Théâtre du Jorat à Mézières vous invite à redécouvrir « Le Cid », tragédie de Corneille qui fait partie de ces œuvres intemporelles, avec une mise en scène d’Yves Beaunesne.

 

Texte: Jade Sercomanens                                           Photos: Guy Delahaye

C’est en 1637 que la pièce du « Cid » s’est jouée pour la première fois et a éveillé les passions au travers de la polémique qu’elle a engendrée. Un peu moins de quatre siècles plus tard, les passions ne sont plus les mêmes, mais le dilemme présent dans l’œuvre est toujours aussi vivant, aussi fort lorsqu’il prend vie sur scène. Le balancement entre ces deux valeurs que sont l’honneur et l’amour reste un questionnement actuel, qui résonne en chacun de nous, sous une forme ou une autre. En 1648, « Le Cid », qui avait d’abord été publié comme tragi-comédie et qui n’a alors pas encore subi de modifications textuelles par Corneille, change de qualification et est considéré comme une tragédie. Yves Beaunesne retourne aux sources de l’œuvre, expliquant qu’elle est à l’origine « une saga faite de chair, de sang, de rires, de pleurs, de jalousie, de passion ». Il ajoute que le « théâtre, c’est une larme et un sourire. Avec Le Cid, c’est un torrent de larmes et un rire tonitruant ». Préparez-vous, donc, à passer un intense moment de théâtre, qui ne pourra que vous captiver pendant les 2h20 que dure la représentation.

Dans les rôles de Rodrigue et Chimène, Thomas Condemine et Zoé Schellenberg irradient de la force de leur jeunesse, appuyés par l’expérience notamment de Jean-Claude Drouot en Don Diègue, père de Rodrigue. En costume d’époque, les comédiens brillent sur les planches et vont vous raconter cette histoire bien connue d’un jeune homme tuant le père de sa dulcinée pour venger l’honneur du sien… En effet, le bonheur des amants est coupé dans son envol par une dispute entre leurs pères. Après le geste fatal de Rodrigue, Chimène ne parvient pas à le haïr, mais demande tout de même justice au roi. Le jeune homme part combattre les Maures et en revient victorieux. Le roi lui accorde son pardon, mais Chimène reste déterminée… Le dilemme cornélien dans toute sa splendeur est constamment en filigrane de la pièce, un conflit moral auquel sont confrontés intérieurement les principaux personnages. Et la forme soutient le fond, comme le souligne Yves Beaunesne: « si l’alexandrin est un corset, une armure même, c’est pour mieux garantir la posture héroïque qui fait fi de la psychologie mais définit durablement un code de l’honneur qui pourrait s’appeler aujourd’hui la loyauté ou le courage ».

 

Sa mise en scène du « Cid » a été créée en novembre 2016 au Théâtre d’Angoulême. Ne manquez pas la chance d’y assister au Théâtre du Jorat en avril. Certains classiques réinterprétés valent le déplacement… Et celui-ci en fait partie!

 

www.theatredujorat.ch