Figaroh! 2018-04-30T17:33:19+00:00

Mélomanes et amoureux de théâtre réunis au Crève- Cœur pour rire en chœur

À l’heure où « L’Opéra dans tous ses états » est représenté au Crève-Cœur (24 avril – 6 mai), la compagnie Comiqu’opéra est parée pour enchaîner avec son deuxième projet, “Figaroh!”, du 8 au 20 mai. Déjà accueillies respectivement en 2011 et 2014, ces deux productions sont de retour sur les planches du théâtre de Cologny pour en clôturer la saison. L’équipe de L’Agenda a rencontré les chanteurs Leana Durney et Davide Autieri.

Texte et propos recueillis par Annie Sulzer
Photos: Loris von Siebenthal

Devant le succès de l' »L’Opéra dans tous ses états », spectacle qui fonda leur compagnie, la soprano et le baryton souhaitent réitérer une expérience faisant se côtoyer les arts, mais différemment: « nous ne voulions pas refaire un deuxième spectacle ressemblant, une suite. Notre but est de se réinventer », affirment-ils. Ils s’étaient donc entourés des des comédien·ne·s Carine Martin et Mathias Glayre de la Cie de Théâtre Sugar Cane pour créer « Figaroh! », où chacun interprète une dizaine de personnages tirés des « Nozze de Figaro » de Mozart et du « Mariage de Figaro » de Beaumarchais.

Le credo n’a toujours pas changé au sein de cette compagnie: mélanger humour et opéra. En se représentant dans des lieux initialement destinés à des pièces de Beaumarchais ou de Molière, ou à des one man/woman show d’humoristes romand·e·s, les deux solistes de formation ont pour but d’initier à l’opéra les amateur·trice·s de théâtre qui ne connaîtraient pas ce domaine. « On peut mettre un pied dans les théâtres et les convaincre d’ouvrir leur programmation à l’opéra », nous explique Leana Durney. Principe qui peut également être inversé, puisqu’à travers leurs productions, les amateurs d’opéra découvrent aux aussi un art auquel ils sont peut-être moins accoutumé, par exemple le stand-up.

Dans cette volonté de concilier opéra et autres arts subsiste le désir d’être fidèle à l’oeuvre. En effet, Leana Durney étant soprano et Davide Autieri étant baryton, il fallait trouver une oeuvre à l’opéra où les barytons ont une place importante, afin d’éviter de faire des transpositions vers le haut ou vers le bas. « À l’opéra, on est limité avec cette histoire de tessitures. Et nous sommes attachés à respecter la musique que nous proposons », explique le duo. « Les Noces de Figaro » leur a paru être une oeuvre adéquate, ayant en outre la double qualité d’avoir un personnage connu aussi bien au théâtre qu’à l’opéra et permettant aux deux chanteurs de jouer plusieurs rôles, bon nombre des personnages demandant leurs tessitures.

Mais il y a une difficulté à jouer de la musique au théâtre: choisir l’instrumentation. Les lieux sont trop petits pour un orchestre, imposant donc à la compagnie Comiqu’Opéra d’abandonner l’idée même d’un quatuor en faveur d’un unique piano. Pas si problématique, puisqu’au final, cela amène un personnage en plus à la pièce: « le pianiste est aussi un partenaire de jeu », précise Leana Durney. « Il ne parle pas mais il est intégré au niveau scénique ». C’est ainsi que l’équipe de quatre est complétée par deux pianistes qui jouent en alternance durant les 12 représentations, Guy-François Leuenberger et Lucas Buclin. Entre arrangements pour piano de l’oeuvre de Mozart et improvisations, vous ne vous ennuierez pas une seconde.

Avec un humour à différents degrés de lecture, il y en a pour tous les goûts: aucune private joke ne vous mettra à l’écart. Chacun·e trouvera de quoi rire aux éclats, mélomane ou féru de textes, initié∙e ou non au théâtre comme à l’opéra. Les solistes le disent eux-même: « il y a des clins d’oeil à la musique comme au théâtre. Le spectacle est pour tou∙te∙s, pour les plus jeunes comme pour les plus âgé∙e∙s”.

“Figaroh! », du 8 au 20 mai au Théâtre du Crève-Coeur
www.lecrevecoeur.ch

 

Ne fermez pas tout de suite vos agendas! La
Cie Comiqu’Opéra joue aussi “L’Opéra dans
tous ses états” jusqu’au 6 mai, également au
Théâtre du Crève-Coeur. Une bonne occasion
pour découvrir leur univers musicalement
déjanté avant “Figaroh!”.