HJ Lim, des notes pour lumières

En coréen, Hyun-Jung (HJ) Lim signifie « Précieuse », « Sérénité/Silence » et « Forêt »… Ce sont cette préciosité, ce calme vibrant et à la fois cette profonde force qui transparaissent dans les prestations de la pianiste virtuose. Celle qui décoiffe les classiques, tout en illuminant nos cœurs, sera le 2 février au Casino de Montbenon à Lausanne.

Texte: Emilie Pellissier

Photo: Simon Fowler. Warner Classics

HJ Lim est née en Corée du Sud en 1986 dans une famille protestante de classe moyenne, marquée par deux guerres et l’occupation japonaise. À l’âge de sept ans, lorsqu’on lui demande ce qu’elle veut faire plus tard, elle répond qu’elle veut diffuser de la lumière par sa musique. À douze ans, compte tenu de son talent et de sa précocité, ses parents acceptent de la laisser partir en France pour perfectionner son jeu. Diplômée du Conservatoire de Rouen à quinze ans, elle décide de tout arrêter pour devenir nonne bouddhiste mais son maître n’est pas d’accord. Grâce à ce refus, elle poursuit ses études jusqu’à obtenir le 1er Prix du Conservatoire de Paris et ne renoncera plus à sa vocation artistique.

Devenue, à vingt-quatre ans, la plus jeune interprète à avoir enregistré l’intégrale des sonates de Beethoven, elle se produit depuis partout dans le monde. Reconnaissante de son succès, HJ Lim n’évolue pourtant pas dans ce milieu compétitif et commercial pour faire carrière mais simplement car, pour elle, la musique « est une pratique spirituelle à part entière ». Les concerts qu’elle donne parfois en duo avec son maître bouddhiste, le Vénérable Seongdam Sunim, en sont la plus expressive des démonstrations. Ils mêlent le piano et la voix: elle reprend les grands classiques européens, qui expriment le cœur, l’exaltation, les tourments, et il lui répond par les jitsori, chants coréens ancestraux qui viennent de l’âme, d’une sérénité profonde, d’un état de non-jugement. Une rencontre de l’ombre et de la lumière, un mouvement de l’une à l’autre, pour un message commun: Dieu (ou quel que soit le nom qu’on lui donne) est en chacun·e de nous, et tout est un.

Aussi, lorsqu’elle accepte, âgée d’à peine trente ans, d’écrire un livre sur son parcours, c’est avec pour seul but de susciter l’intérêt des gens pour la musique classique et transmettre un message lumineux. Le Son du silence (Albin Michel, 2016) mêle un récit d’épreuves, des pensées philosophiques, spirituelles et musicales, aux paroles de son maître. Elle y parle notamment de « sortir des dogmes et des principes étriqués pour aller rencontrer le grand large, là où les notes transmettent amour et compassion ».

Que l’on soit ou non afficionado de musique classique, la rayonnante musique de HJ Lim, qui redonnera vie aux oeuvres de Chopin et de Schumann, est à découvrir!

HJ Lim, piano
Dimanche 2 février 2020 à 17h
Casino de Montbenon, Salle Paderewski, Lausanne
www.billetweb.fr/hj-lim-a-lausanne