Passer des carnets de notes au foisonnement de la
danse, et au fait qu’il est finalement simple, en région
lémanique, de se rendre dans le canton voisin

Quelle pensée se construit patiemment, quelle idée court dans la tête des artistes et philosophes d’hier et d’aujourd’hui pendant leur processus de création?

Est-ce que le fait de pouvoir observer la forme originelle d’une oeuvre, constater une écriture soignée, hâtive, colorée ou saturée, est simplement un plaisir des yeux, une anecdote? Ou la forme nous permet-elle parfois d’apporter une complémentarité au fond?

Le thème de l’exposition « Uniques – Cahiers écrits, dessinés, inimprimés » à la Fondation Martin Bodmer nous a inspiré le long de la réalisation de ce numéro. La couverture de L’Agenda devient ellemême un cahier, et en relisant les articles de nos rédacteur·trice·s, on se demande rêveusement si dans leurs poches se trouvent des tickets de spectacle annotés d’impressions, si dans leur ordinateur, le dossier « L’Agenda » comporte cinq versions du même article ou une seule, déroulée au fil du clavier et de l’inspiration.

L’un des avantages de la rédaction culturelle est que l’on alterne les périodes d’écriture, de correction, les périodes de rencontres – qui aurait cru que nous aurions la chance d’interviewer Monsieur Pierre Perret? – et de découvertes. En mi-février, au moment où nous bouclions ce numéro de L’Agenda, moment sensé être un pic de concentration, Lausanne ne nous laissait pas d’autre choix que de quitter un instant nos relectures pour entrer dans la danse, que ce soit avec le Prix de Lausanne qui, après une semaine riche en émotion suivie à l’international, a couronné huit jeunes lauréat·e·s, ou avec les Swiss Dance Days où l’on a pu découvrir des pièces représentant les tendances chorégraphiques actuelles.

Ce numéro de mars-avril prolonge le mouvement puisque vous y retrouvez trois focus sur la danse. D’abord sur la relecture électrisante du ballet « Giselle » de Dada Masilo à Beausobre, mélangeant danse classique et danses africaines, puis sur Les Italiens de l’Opéra de Paris, qui viendront faire s’envoler le Rosey Concert Hall. Enfin, le danseur et photographe Gregory Batardon nous a fait l’honneur de nous confier pour notre Portfolio quelques-unes de ses images, matérialisations de la grâce des jeunes concurrent·e·s du Prix de Lausanne, mais aussi de nombreux·ses danseurs et danseuses de classique et de contemporain.

Si pour la danse nous parlons de Lausanne et de la Côte, nous remarquons en clôturant cette édition de L’Agenda qu’un grand nombre d’événements que nous présentons dans les articles prennent place sur sol genevois. Une occasion pour les Vaudois de rendre visite à leurs voisins? Mais qu’ils soient proches de chez vous ou qu’ils demandent de se déplacer, parmi les 700 événements que comporte le calendrier pour mars-avril dans toute la région lémanique, certains sauront certainement éveiller votre curiosité!

Katia Meylan
Rédactrice en chef