Éditorial 2017-05-17T09:58:49+00:00

En quête de nouveaux trésors

“Vivement que je m’envole vers Paris   ici, on peut remplacer Paris par Berlin, ou quelque autre ville selon si votre interlocuteur est rêveur, alternatif ou attiré par l’exotisme. Il ne se passe rien ici!”.

Combien de fois avez-vous entendu cette phrase en prenant un café avec des amis dans un petit bar de Genève ou de Lausanne?

Alors, soit vous êtes de ceux qui la démentent à grands cris, soit vous hochez la tête en rêvant vous aussi à votre prochaine escapade dans l’une de ces exaltantes métropoles. Déjà convaincu-e ou encore sceptique, ouvrez donc nos pages tel un coffre, sortez-en les pièces, gardez celles que vous souhaitez! Vous verrez les richesses nos bonnes vieilles bourgades lémaniques.

Depuis mon arrivée à L’Agenda, j’ai écumé les rives des théâtres du Léman et de Vidy, contemplé le Reflet de Vevey, parcouru les plaines du Rosey Concert Hall, me suis introduite dans l’Alhambra et la Cathédrale, ai passé de Métropole en Forum.

Avant L’Agenda déjà, j’étais en quête de pièces qui enrichissent. Il m’arrivait de trouver de belles pépites: “Éloge de l’amertume” de Victoria Harmandjeva, une création où la pianiste et son amour chocolatier se retrouvent et adoucissent l’amertume de leurs racines. “Discipline” de Christophe Saber, qui, avant de continuer son voyage dans le monde entier, a d’abord conquis le public lausannois, émoustillé que la diversité de sa ville soit captée de façon si singulièrement drôle. “La représentation théâtrale” du Collectif R et Métis Arte, quand du coin de l’œil embué j’ai vu que mes voisins n’en menaient pas plus large, quoi que l’interprétation touchante des comédiens amateurs ait mélangé le rire à l’émotion. Le Pianocoktail, à la Nuit des Musées, matérialisé devant des nostalgiques de Boris Vian qui n’en croyaient pas trois de leur cinq sens. Eux, et beaucoup d’autres ont sans doute contribué à mon envie de chercher frénétiquement ce qui brille d’un éclat d’imaginaire.

Mais que faire de ces trésors? Les garder jalousement pour moi? Les journalistes culturels ne sont pas de ces pirates-là!  L’Agenda me permet de les rassembler, de les ajouter à ceux des autres  rédacteurs de la revue, à ceux de la précédente rédactrice en chef qui m’a confié ce précieux coffre dont elle avait pris soin, à ceux que les artistes et programmateurs de salles continuent de nous offrir généreusement. Vous en verrez déjà scintiller quelques-uns au fil de nos pages.

En parlant du fil de nos pages, un nouveau venu pointera sa bobine: le 7ème art, dans L’Agenda, se faisait trop rare. Je souhaitais donc faire d’avantage honneur aux films et aux réalisateurs de nos contrées en leur consacrant une nouvelle rubrique.
Le Portfolio prendra quant à lui une forme inhabituelle: plutôt qu’un retour sur un événement, il devient une possibilité pour le photographe de présenter un travail plus personnel.

 Je peux dire que grâce aux artistes que j’ai rencontrés, aux chargés de communication qui ont souhaité continuer la relation de confiance qu’ils avaient avec L’Agenda, aux rédacteurs réactifs et inspirés, à Marie-Sophie Péclard ainsi qu’à Jean Jacques van den Broek, directeur de L’Agenda, mon arrivée à la rédaction a été des plus agréables. Je les remercie d’avoir fait bon accueil à la nouvelle chasseuse de trésors débarquée dans l’équipage, et espère que vous, chers lecteurs, continuerez d’apprécier ce que vous découvrirez dans ce coffre que vous tenez entre vos mains!

Katia Meylan

Rédactrice en chef