Donner et recevoir l’Histoire

En rencontrant Gabriel de Montmollin au sujet de l’exposition Il était plusieurs fois l’année dernière, puis il y a quelques semaines lorsqu’il nous parlait de Silence, on prêche!, on relevait une idée clé qui semble être au coeur de sa tâche de directeur du Musée international de la Réforme. Il exprime le devoir d’un musée historique non seulement en termes d’information, dans le fait de relater notre Histoire, mais aussi en termes de réception, dans le fait de la mettre en relief avec les différentes façons dont elle est interprétée et comprise aujourd’hui.

C’est sûrement pour cela qu’au MIR, on ne se contente pas d’observer les thèses de Luther ou la tasse
de Calvin le nez derrière une vitre, mais on peut y croiser des robes de pasteur·e dignes d’un défilé de mode ou Chaplin faisant le pitre devant les fidèles!

Pourquoi ne pas filer l’idée et trouver parmi les pages de L’Agenda les événements qui puisent leurs inspirations dans l’Histoire pour la réinterpréter aujourd’hui?

Ce numéro semble aisément s’y prêter. L’exemple le plus éloquent est sans doute le Festival Histoire et Cité, dont le pôle cinéma et arts vivants prend chaque année plus d’ampleur et enrichit les propos des professeur·e·s et passionné·e·s d’Histoire. L’exposition Pompiers! Du Tocsin au 118 en est aussi une expression directe: le Musée Alexis Forel et la Fondation Bolle réunissent non seulement des archives de la première compagnie de pompiers de Morges, mais d’autres objets ludiques ou artistiques découlant de l’imaginaire collectif et de la fascination pour ce métier.

Deux expositions font appel à des thématiques antiques. Au Théâtre de la Madeleine, le photographe Christian Meuwly expose une fresque photographique intitulée Les Dionysies, inspirée de la mythologie grecque. L’artiste affirme sa conviction de la pertinence de ces mythes pour réfléchir à la société actuelle. Le Musée Rath expose quant à lui l’Odyssée photographique de Fred Boissonnas, qui a vogué sur les traces d’Ulysse, pour ramener des images trois mille ans après le mythe. Une pièce de théâtre présentée à la Comédie de Genève, Le présent qui déborde, s’inspire elle-aussi du voyage du héros homérien pour le mettre en parallèle avec la question actuelle de la migration.

Certain·e·s continuent à sculpter un héritage culturel. Théâtral, lorsque Jean Liermier s’attaque à La Fausse Suivante de Marivaux, ou chorégraphique, lorsque Les Joyaux du Ballet donne non seulement à voir des extraits des plus célèbres ballets, mais les explique en direct et les fait côtoyer une création originale.

D’autres encore, si l’on prend l’exemple des ADEM, perpétuent des traditions; ainsi, Norouz, le nouvel an persan, sera célébré comme il se doit à Genève. Histoire de fêter l’Histoire, rendez-vous dans tous ces lieux qui composent notre environnement culturel!

Katia Meylan,
Rédactrice en chef