Paradoxes

Vous trouverez dans ce numéro quelques paradoxes du paysage culturel romand. Avec l’impression que ceux-ci sont inhérents à toute chose et que les bons sentiments de fin d’année – ajoutons-y aussi les sentiments romantiques de la mi-février, sans peur d’anticiper puisque cet Agenda 83 vous accompagnera sur deux mois,– nous donnent envie de faire partie du cercle du monde, je me suis donnée pour défi ludique dans cet édito de relever ces paradoxes.

Le premier à nous apparaître sans effort est celui du travail face au loisir. En effet, notre dossier met en valeur les jeunes instrumentistes à cordes de la Menuhin Academy, qui possèdent une part non-négligeable de talent mais qui sont avant tout conscient·e·s que tout s’acquiert par un travail quotidien, systématique et appliqué. Ni une ni deux, la nouvelle exposition temporaire du Musée Histoire Lausanne, Time Off, nous vient à l’esprit puisqu’elle retrace quant à elle l’histoire des loisirs et du temps libre, valorisés aujourd’hui plus que jamais.

Tisser, que dis-je, tricoter des liens avec ses voisin·e·s en réalisant ensemble des œuvres de laine colorée, comme l’a imaginé une créatrice que nous présentons dans un article, est par essence très manuel. Inversement, le pur cérébral s’invite aussi dans nos pages avec le mentaliste Viktor Vincent.

Nous pouvons découvrir les secrets des anciennes civilisations à l’ArchéoLab de Pully, qui propose dans son exposition temporaire d’expérimenter les ingénieuses techniques de construction de la Rome antique. Aux antipodes de ces préoccupations concrètes et solides, le spectacle de danse contemporaine Pixel construit quant à lui une chorégraphie autour du virtuel.

Il y a toutes sortes de manières d’aimer et parmi nos articles, deux d’entre elles, opposées, attirent notre attention: dans la trame de L’Enlèvement au sérail, le protagoniste se démène pour sortir sa dulcinée d’un harem pour vivre leur amour unique… alors que dans Le Sexe c’est dégoutant, deux couples se posent la question de l’échangisme.

Pour finir, nous retrouvons tant l’explosif que la sérénité, l’un dans le show humoristique et déjanté de batteries We will drum you et l’autre dans le concert classique de la pianiste HJ Lim, inspirée par la philosophie bouddhiste et dont le patronyme-même signifie «sérénité» ou «silence».

Il serait possible d’en trouver d’autres car, sans vouloir prêcher auprès de convaincu·e·s, la culture est foisonnante et offre une variété inouïe de thèmes et sensations allant d’un extrême à l’autre.

L’Agenda vous souhaitera toutefois des fêtes et un début d’année magnifiques, sans paradoxe!

Katia Meylan,
Rédactrice en chef