50 ans et le regard vers l’infini

Bodgan Konopka, Catherine Leutenegger, Olivier Christinat devant ArtLab. Photo: © Alain Herzog / EPFL

À l’occasion de ses 50 ans, l’EPFL a édité un livre de photographie mettant en image ce qui l’identifie aux yeux du monde, ce à quoi elle contribue scientifiquement, et ce qu’on y vit. De ce livre sorti en avril dernier découle une exposition immersive à découvrir au bâtiment ArtLab jusqu’au 28 juillet. Intitulée “Infinity Room I”, elle est conçue par Sarah Kenderdine, dont les nombreux travaux lient héritage culturel, muséologie expérimentale et nouvelles technologies.

Texte: Katia Meylan

Le livre – “Regards sur l’EPFL”
Pour réaliser “Regards sur l’EPFL”, le président de l’École Polytechnique fédérale de Lausanne Martin Vetterli a collaboré avec le Musée de l’Elysée, lui confiant la sélection des trois photographes contemporain·e·s à qui reviendrait la tâche de témoigner du présent et du futur de l’institution. Le choix s’est porté sur les artistes Catherine Leutenegger, Olivier Christinat et Bogdan Konopka. Chacun·e s’est vu attribuer une facette différente à traiter, et une carte blanche pour le faire durant une résidence d’une année sur le campus, en 2018.

 

Ce qu’on y fait – La Science
Laboratoire de Génomique du Développement (UPDUB), Denis Duboule. Photo: © Catherine Leutenegger/EPFL
Catherine Leutenegger a eu pour tâche de révéler au monde les activités des laboratoires de l’EPFL. Pour approcher les objets de recherche, du visible au microscopique, elle a discuté avec les professeur·e·s afin de définir comment résumer l’essence de leur travail en une seule image, et a travaillé en collaboration avec des scientifiques, ayant parfois recours aux technologies pour obtenir des résultats que son appareil n’aurait pas obtenu. L’artiste a donc procédé à la fois comme une photographe et comme une “réalisatrice”, d’après ses propres mots, révélant les images étonnantes des innovations scientifiques qui se déroulent dans le laboratoires.

Laboratoire de Génomique du Développement (UPDUB), Denis Duboule. Photo: © Catherine Leutenegger/EPFL

 

Ce qu’on y vit – Les personnes
Pour les 35’000 photos qu’Olivier Christinat a prises durant sa résidence, la règle est la même que pour les autres: 30 seulement ont été sélectionnées dans le livre! Sa mission a été de capturer la vie sociale quotidienne du campus. Il confie ressentir à l’EPFL un sentiment de plénitude, et devait se forcer à s’interrompre après 8h de prises de vues, pour lesquelles il choisit son cadrage et laisse les personnages y entrer. “On peut réussir beaucoup d’images, en sachant qu’on en rate aussi énormément. Ce que je vois est une petite partie du monde photographiable possible”.

Scène de vie, campus de Lausanne. Sur les 11 134 étudiants de l’EPFL, 3250 sont des femmes (soit 29%) et 7884 des hommes (soit 71 %). Photo: ©Olivier Christinat/EPFL

Ce qui la constitue – L’Architecture
Si les photos d’Olivier Christinat sont fourmillantes de vies et de portraits, celles de Bogdan Konopka dévoilent le campus lorsque celles et ceux qui y travaillent – ou qui ont travaillé à sa construction – sont invisibles, laissant place à leur œuvre. Le photographe a travaillé au moyen d’émulsions photosensibles de sels d’argent et a, quant à lui, pris très peu de photos (110), après être venu et revenu dans les lieux à tout moment de la journée les réfléchir longuement. Il saisit les formes architecturales, l’esprit des lieux, en recherchant l’atmosphère et la lumière parfaites.

Escalier intérieur du bâtiment BC, réalisé par l’architecte Rodolph Luscher. Photo: ©Bogdan Konopka/EPFL

L’exposition – Infinity Room I
L’exposition temporaire s’inspire du concept de l’infini. ArtLab, à la pointe de la muséologie augmentée, propose une immersion dans les images de “Regards sur l’EPFL”. Le défi est de ne pas répéter le livre de photographies mais de le transformer. Sarah Kenderdine voit le fait de pouvoir repenser le travail des artistes dans le cadre d’une exposition comme une opportunité d’être novatrice, d’apporter au public encore plus de pistes d’interprétations qu’en accrochant simplement des images imprimées.
Ainsi, une sélection d’images d’Olivier Christinat sont projetées sur un mur “écran” de 32m de long, plaçant les spectateur·trices en immersion dans une situation vécue par le photographe: impossible de tout capter sur un si grand espace en un temps limité.
L’installation des photos de Catherine Leutenegger fait appel aux sensations en incluant notamment un aquarium dans un espace presque méditatif, ainsi que de la réalité augmentée qui plonge les spectateur·trices au centre de la vie scientifique. Quant aux images argentiques de Bogdan Konopka, elles sont présentées dans un accrochage classique… ou presque. ArtLab reste le musée de toutes les surprises!

 

 

 

 

 

 

 

 

Au cœur de l’exposition “Infinity Room I” à ArtLab. Photo: © Alain Herzog / EPFL /

Infinity Room I 
EPFL ArtLab
À visiter jusqu’au 28 juillet 2019

Rencontres avec les artistes:
Samedi 22 juin à 11h15 avec Olivier Christinat
Samedi 13 juillet à 11h15 avec Catherine Leutenegger

L’exposition sera suivie de Infinity Room II, dont l’inauguration aura lieu le 12 septembre 2019 à 18h.
Infinity Room I: go.epfl.ch/InfinityRoomArtlab
ArtLab: artlab.epfl.ch