La légende du Château de Chillon 2018-04-04T08:56:02+00:00

Réalisateur de quelques rêves

Le 22 avril aura lieu à la Salle Métropole un ciné-concert d’une heure, interprété par 50 musiciens et autant de choristes. Une entreprise hors du commun, d’abord parce que le film en question ne sera ni une saga interstellaire ni un Chaplin, mais une création inédite dont l’action se déroule dans notre Château de Chillon national. Ensuite parce que le réalisateur, compositeur et chef d’orchestre se trouve être une seule et même personne.

Texte et propos recueillis par Katia Meylan

On peut dire que le projet est de taille pour Théo Schmitt, étudiant à la Haute École de Musique de Lausanne où il entreprend actuellement un Master en Direction d’orchestre. « Mon rêve était de composer de la musique de film, et au lieu d’attendre qu’on me propose de le faire, je réalise mes propres films! » rit-il, considérant cela comme un « raccourci ». Il continue en citant l’une de ses références. « Je suis fan de Chaplin. En tant que cinéaste et compositeur, je réfléchis beaucoup au lien qu’il y a entre l’image et la musique, et considère vraiment cette dernière comme un personnage du film ».

Côté cinématographie, le réalisateur a auprès de lui un autre couteau suisse, son ami Jérémy Rossier, à qui il peut confier sans peine les aspects techniques de la réalisation, les lumières, la caméra et une partie du montage. Côté administration, il est reconnaissant pour la confiance que suscite son projet, notamment de la part de la commune d’Oron, dont il vient. Ce soutien lui a donné les bases pour aller frapper à d’autres portes. Car pour ce projet, ce sont 80’000.- de budget qui ont dû être réunis. En effet, entre la location du Château pour 10 heures de tournage, les trois week-ends de répétitions avec une centaine de musiciens et la location de la Salle Métropole, il y a de quoi faire tourner la tête. Et encore, dit-il, « au Château, on a vraiment dû être efficace pour tourner toutes les scènes dont on avait besoin en seulement 10 heures. Heureusement, une bonne partie de l’action se déroule ailleurs ».

Théo Schmitt a déjà une expérience du ciné-concert, puisqu’en 2017 il réalise et compose pour l’harmonie d’Oron « Le Trésor du Léman », dans lequel ses amis et lui-même jouent les rôles principaux. Pour « La Légende du Château de Chillon », il reprend les personnages de son film précédent, inventant aux deux détectives une nouvelle énigme à résoudre. Mais le challenge est autrement plus grand! Le budget, multiplié pour ainsi dire quelques milliers de fois, a déjà été mentionné. De plus, habitué à composer et diriger pour des harmonies, il se retrouve cette fois-ci avec à écrire pour orchestre symphonique et chœur.

Ancien guitariste rock venu au classique tardivement par le biais de son amour pour les musiques de film, sa musique se caractérise par son côté hybride, allant de Debussy au swing, tout en étant bien sûr inspirées par les bandes-son de John Williams ou Howard Shore. « C’est un exercice de style d’adapter ses leitmotiv à tous ces genre différents », s’enthousiasme-t-il.

Photo: Alain Herzog

Photo: Alain Herzog

Avant d’être un film, « La Légende du Château de Chillon » est un ciné-concert. Théo Schmitt le pense en tant que tel. L’écriture du scénario et de la musique se chevauchent et il aménage dans la trame des moments de « pause » qui laissent place à l’orchestre. Il mène le tournage avec la musique en tête, même s’il avoue qu’une fois le montage terminé, il rajoute ou supprime une mesure par-ci par-là dans ses partitions, « du travail d’horloger ».
Pour ce projet, il collabore avec l’Orchestre QuiPasseParLà, constitué il y a près de 10 ans dans le but de former des étudiants qui se destinent à une carrière professionnelle. « Je suis conscient que les gens viennent en partie pour les musiciens, et souhaite les mettre en lumière ».

L’énergique et modeste jeune homme termine sur cette constatation: « L’offre de chefs d’orchestre est très grande. Je voulais me positionner dans le milieu. Je vois ce type de projet comme ma signature: tout est local – l’orchestre, le film, le monument –, et le concept peut toucher un très grand public.

« La Légende du Château de Chillon », le 22 avril à 17h à la Salle Métropole de Lausanne
www.theoschmitt.com