Le Journal d’Anne Frank

En mars et avril prochain, le Théâtre de Carouge, le Théâtre de Grand-Champ et le CPO accueillent « Le Journal d’Anne Frank », une création 2019 du Théâtre des Osses. Les metteurs en scène, Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier, proposent par le jeu de trois acteur·trice·s talentueux·ses, une adaptation de ce chef-d’oeuvre du 20e siècle abordant la réalité de la Shoah. Le public entre dans le quotidien d’une adolescente de treize ans, enfermée avec sa famille dans un espace reclus et caché nommé « L’Annexe », pour échapper à la persécution nazie.

Texte: Mathilde Morel

« Le Journal d’Anne Frank » livre un récit que nous connaissons à peu près toutes et tous. Par le journal intime d’une adolescente du 20e siècle, une partie tragique de l’Histoire et les horreurs de la Shoah sont abordées. Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier se confrontent à une oeuvre importante, avec l’envie de faire découvrir ou redécouvrir ce récit humain aussi important que touchant. Le travail de préparation, au-delà du jeu d’acteur, a été de longue haleine pour s’imprégner de chaque personnage historique. Les acteur·trice·s ont également pris part aux choix des textes, et confient que les parties supprimées ont été de réels « crève-coeurs ». Certaines scènes, bien que n’apparaissant plus dans la pièce, restent ancrées en eux·elles, habitant et enrichissant leur jeu.

Au coeur de la pièce se trouvent l’histoire, les pensées, les découvertes et les peurs d’une adolescente. Anne Frank (Judith Goudal) couche sur papier son quotidien et ses interactions avec le monde. À ses côtés, sa soeur, Margot Frank (Laurie Comtesse) et Peter van Daan (Yann Philipona), le fils d’amis de la famille également présents dans l’ « Annexe », partagent son quotidien. Le spectacle se focalise sur ces trois personnages, qui récitent en alternance le texte fort de la pièce, créant un rythme qui plonge le·la spectateur·trice dans la narration, jusqu’à l’en rendre captif·ve. Les interactions avec d’autres protagonistes sont réalisées par des voix enregistrées.

Anne Frank est une adolescente tumultueuse, empreinte d’une rage de vivre, de briser ses chaines et de se libérer, au sens propre comme au figuré. La jeune fille veut grandir, en témoignent les marques sur le mur des centimètres pris, pour son plus grand bonheur, son corps qui se transforme et ses habits soudainement sont bien trop petits pour elle. Deux ans de captivité. Comment vivre enfermée, quand on a 14 ans et des rêves plein la tête? Nous voyons évoluer le personnage d’Anne Frank tout au long de la pièce, entre espoir et conscience de la tragédie à venir.

Les acteur·trice·s apparaissent dans un décor sobre. Au milieu de la scène trône une maquette de trois mètres de haut, entièrement blanche. Deux escaliers raides sont visibles de chaque côté et un réel labyrinthe intérieur permet aux personnages d’apparaître à différents étages, alternant les niveaux. Des portes s’ouvrent au fur et à mesure de la pièce offrant toujours plus de possibles. Deux rétroprojecteurs projettent des images sur les murs de la maquette, et d’intenses jeux de lumière mettent en valeur les comédien·ne·s et soulignent leur jeu.

Au-delà du destin tragique qui attend la famille Frank au terme de ces deux années de captivité, on lit aussi un message d’espoir et de bienveillance. La pièce sera jouée plus de 85 fois, en tournée et lors  de représentations scolaires.

Le Journal d’Anne Frank
Le 5 mars à 20h30 au Théâtre de Grand-Champ, Gland
Du 12 mars au 17 avril au Théâtre de Carouge
Les 27 et 28 avril au CPO, Lausanne

www.grand-champ.ch