L’éloge de la différence

Photocall / Cérémonie de clôture du FIFOG 2018

La 14e édition du Festival International du Film Oriental de Genève (FIFOG) se déroulera du 29 avril au 5 mai 2019 à la Maison des arts du Grütli ainsi que dans plusieurs communes genevoises. Une centaine de films seront projetés, permettant aux spectateur·trice·s de remettre en question certaines idées reçues. Plus de 60 invité·e·s en provenance d’Orient et d’Occident sont attendu·e·s

Texte: Anaïs Mansouri

« Éloge de la différence »: tel est le thème choisi par le FIFOG pour son édition 2019, présidée par l’écrivain Tahar Ben Jelloun. Une occasion pour Tahar Houchi, directeur artistique de la manifestation, de s’éloigner des catégories préconstruites pour s’engager vers un chemin à contre-courant des idéologies de rejet. Alors que nombreux·ses sont tenté·e·s par le repli sur soi, le festival souhaite montrer que les interdépendances nous enrichissent. Tahar Houchi l’explique bien: il faut mettre en évidence les logiques – bien souvent fictives – qui sous-tendent la construction des mentalités afin de mieux les briser. Ainsi, des concepts tels que l’État-nation, le monde arabo-musulman ou bien le colonialisme doivent être repensés. Cette année, des films venant du Liban, d’Égypte ou encore de Syrie illustreront la thématique du festival.

Focus: Afrique du Nord

Cette année, le FIFOG a mis le projecteur sur l’Afrique du Nord. Cette région a été le berceau en 2010 d’un mouvement connu sous le nom de « Printemps arabe », précédé en Algérie du Printemps berbère en 1980, et du Printemps noir qui s’est étendu de 2001 à 2013. Près d’une décennie après les faits, il s’agira de faire un état des lieux cinématographique des pays concernés. En Tunisie, comment l’industrie du cinéma a rebondi après l’effondrement du système? L’Algérie et le Maroc ont tous deux mis sur pied un système de production cinématographique; mais quelle est la réelle marge manoeuvre des réalisateur·trice·s dans ces pays où la liberté d’expression reste sous contrôle? Ce sont ces interrogations que soulèvera le FIFOG en 2019.

Projets pédagogiques

Tahar Houchi souligne aussi l’importance d’aller sur le terrain scolaire. Depuis plusieurs années, le festival va à la rencontre d’élèves scolarisés dans le canton de Genève. Les professeur·e·s des classes participantes cherchent à initier les élèves à la lecture de l’image et à se familiariser avec la grammaire cinématographique. Les jeunes sont notamment chargé·e·s de remettre un prix collectif au terme de la manifestation: une opportunité de débattre ensemble et qui permet de mieux comprendre son voisin.

Rassembler les cultures

Le FIFOG se déplace bien volontiers en dehors de son centre névralgique, situé au Grütli. Ainsi, il a également tissé des liens avec plusieurs communes genevoises, notamment Vernier, afin d’organiser des projections pour les habitant·e·s. Par ailleurs, que ce soit à Presinge, à Anières ou aux Tattes, le festival montre certains films dans des hébergements pour requérants d’asile. Là aussi, c’est une manière de rapprocher les individu·e·s d’horizons différents.

Festival du Film Oriental de Genève,
Du 29
avril au 5 mai 2019. Plus d’informations sur

www.fifog.com