Lumière Poétique au Ciné-club universitaire de Genève

Tantôt claire, tantôt obscure, parfois envoûtante, parfois étrange, la lumière est un langage à part entière. Raffinée et complexe, elle a donné naissance à des monuments du cinéma dont l’esthétique particulière a su toucher l’âme des spectateurs·trices au fil du temps. C’est à cette notion que le Ciné-club universitaire de Genève dédie son nouveau cycle en proposant une sélection infime à découvrir dès le 1er octobre à l’Auditorium Arditi à Genève.

Texte: Sumiko Chablaix

Au menu, une programmation soigneusement concoctée par le groupe de travail sous la direction de Julien Dumoulin, qui fera voyager les spectateurs·trices dans des espaces-temps variés: du Texas du début du 20e siècle au Connecticut des années 50 en passant par la Transylvanie de 1838. Chacun·e pourra y découvrir, au long des semaines, une facette différente de la lumière poétique, fil conducteur du cycle.

Photos: “Days of Heaven” (Terrence Malick, 1978)

En partant de l’histoire d’un trio amoureux texan avec “Days of Heaven” (1978) de Terrence Malick, le voyage se poursuit au rythme de la sensibilité nordique avec “Persona” (1966) d’Ingmar Bergman. Chef-d’œuvre centré autour du mutisme et de la psyché humaine, il met en scène la relation entre une patiente et une jeune infirmière chargée de veiller sur elle.

Après ces deux grands monuments du cinéma, place au baroque et au talent de Raoul Ruiz avec “La Ville des Pirates” (1983). Amour impossible, pirate, criminel, ce film n’aura de cesse de s’amuser et de perdre ses spectateurs·trices pour mieux les emmener au pays de la poésie et des errances. Pour continuer dans le sentimental, quoi de mieux qu’un amour fou? Film à dimension psychanalytique, “Nosferatu, eine Symphonie des Grauens” (1922), propulsera le public dans l’imaginaire de la Transylvanie de 1838.

Plus que de la folie, l’histoire du docteur Faust, qui, influencé par Mauricius, un vieil usurier lui promettant de lui révéler les plus grands secrets de l’âme, s’éprend d’une certaine Marguerite… Ses sentiments tournent rapidement à l’obsession. “Faust” (2011) d’Aleksandr Sokurov adapte un conte populaire pour en faire un film déroutant où l’étrangeté se déploie.

Mais qu’en est-il du grand amour? Du fameux rayon de lumière? Voilà ce qu’attend Delphine. Déprimée et seule, elle fuit les rencontres afin de tomber sur celui qui fera battre son cœur. “Le Rayon vert” (1986) d’Éric Rohmer retrace la quête amoureuse d’une femme au portrait tantôt irritant, tantôt touchant.

Finalement, qui dit amour dit aussi bouleversement des mœurs, des valeurs et des codes. La vie du personnage principal de ce dernier film, Cathy Whitaker, en est la preuve. En 1950, l’homosexualité et les relations noir/blanc étaient tabous. “Far From Heaven” (2002) de Todd Haynes, adaptation de “All That Heaven Allows” est un hommage à Douglas Sirk. Les couleurs et les éclairages mettent en valeur un environnement artificiel.

Le cycle “Lumière poétique” est une programmation originale à découvrir tous les lundis soirs à 20h00 dès le 1er octobre 2018 à l’Auditorium Arditi à Genève.
www.unige.ch/dife/culture/cineclub

2018-08-29T15:38:18+00:00