Comment faire revivre la mémoire d’un personnage illustre?

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C’est la question à laquelle le festival Madame de Staël continue de répondre depuis trois éditions. Il faut dire que Coppet est chanceux, il possède sur son sol le très élégant château qui servit de demeure à Germaine de Staël lors de son exil en Suisse. Cette importante écrivaine du romantisme a laissé derrière elle une oeuvre écrite exigeante composée autant d’écrits politiques que de fictions.

Texte: Mallory Favre

Faire fructifier ce patrimoine extraordinaire et le rendre accessible sans pour autant l’appauvrir relève du défi. Cette année, le directeur artistique Alain Carré entreprend ce challenge avec sa programmation en trois axes. En restituant tout d’abord le zeitgeist, ou l’air de l’époque, en plongeant les spectateur·trice·s dans l’ambiance intellectuelle et conviviale des salons d’antan. En donnant à voir une Germaine de Staël plus intime, plus accessible et finalement en assurant le passage de flambeau à la jeune génération.

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L’air de l’époque
La première journée dédiée au public sera consacrée à Voltaire. Maître Marc Bonnant fera à nouveau l’honneur d’ouvrir le festival avec une plaidoirie sur Voltaire et Dieu. Cette plaidoirie servira de première partie à une adaptation théâtrale du conte philosophique de Candide. Cette création optimiste et réjouissante mettra en scène le texte de Voltaire accompagné notamment d’airs d’opéra et de numéros de cirque. Germaine de Staël se situait plutôt dans le camp des rousseauistes, mais elle aurait pu rencontrer, enfant, l’écrivain de Ferney dans le salon de sa mère, Suzanne Necker. Bien qu’on ne puisse que supposer une telle rencontre, il est fort possible qu’elle ait eu lieu sachant qu’on doit à Mme Necker une statue du philosophe.
Le public retrouvera cette ambiance de salon où l’on discourt sur la philosophie dans un cadre accueillant et raffiné, car cette année le festival proposera une petite restauration assurée par Caviar House, partenaire du festival.
Les trois jours se clôtureront aussi avec un clin d’oeil à l’atmosphère de l’époque. Le spectacle « Figaroh! » mettra en scène une dispute entre deux chanteur·euse·s et deux comédien·ne·s pour élire l’art le plus noble, en prenant, pour faire prévaloir « leur » Figaro, respectivement l’opéra de Mozart et la pièce de Beaumarchais. Il s’agit aussi d’un clin d’œil à Germaine de Staël qui a d’ailleurs elle-même joué dans des pièces de Beaumarchais à Genève au théâtre de la place du Molard de l’époque!

 

Germaine, plus intime
Le mercredi 19 juin, place à l’intime grâce au spectacle « Minette », une création d’Alain Carré qui nous racontera Germaine, ou Minette comme l’appelait affectueusement sa mère, à travers les écrits de son fils, qui pose un regard attendrissant et humoristique sur sa mère. Ce spectacle permettra aussi au personnage de Germaine de s’adonner à l’un de ses exercices préférés: celui de la conversation.

Pour les plus jeunes
Finalement, huit cents enfants des écoles de la région participeront aux « Folles journées Germaine de Staël » lors desquelles des ateliers adaptés à chaque âge seront mis sur pied pour familiariser les jeunes à cette figure illustre qui incarne une partie de leur patrimoine culturel souvent ignoré; on raconte même que certains élèves de la région ne savent même pas d’après qui est nommé leur collège. Le passage de flambeau sera-t-il assuré?
En somme, le festival n’est pas à court d’idées pour renouveler notre vision de Germaine de Staël et élargir nos connaissances sur cette figure d’exception.

Festival Madame de Staël
Du 17 au 20 juin 2019
Au Château de Coppet
www.festivaldestael.ch