Mahâbhârata, L’ordre l’emportera-t-il sur le désordre?

Du 20 au 24 novembre 2019, Genève accueillera Le Mahâbhârata pour un voyage dépaysant au coeur de l’Indonésie. Cette adaptation de Cécile Hurbault, en coproduction avec le Théâtre des Marionnettes de Genève et le Théâtre du Loup, se jouera entre les murs de ce dernier. 

Texte: Sumiko Chablaix 

Photo: Gérard Payelle

Né il y a 2’000 ans, le Mahâbhârata est une oeuvre écrite à l’origine en sanskrit qui démontre la complexité de l’âme humaine. Écrit sacré fondateur de l’hindouisme, ce poème d’environ 100’000 couplets recèle des valeurs culturelles et philosophiques. Cette épopée mythico-historique raconte les conflits qui animent deux branches d’une famille royale, les Pandava guidés par la vertu et la justice et les Kaurava dévorés par la jalousie et l’avidité pour le pouvoir. 

C’est cette lutte dynastique qui entremêle ordre et désordre, honneur et infâmie, justice et injustice qui mènera à s’interroger sur la nature humaine tout en abordant les piliers de l’hindouisme Cette réflexion rythmée par des épisodes épiques entraînera le public au pays de l’autodestruction et de l’autodérision, à travers la renaissance et les rires, pour vivre ensemble un moment festif et convivial. 

 

 

À la fois populaire et spirituel, le wayang kulit, théâtre d’ombres indonésien, permet grâce à sa composition musicale exécutée par les joueurs de gamelan, à sa narration effectuée par un dalang (conteur) et à ses marionnettes ciselées dans du cuir, de voyager au coeur de la culture indonésienne. En se mouvant, en s’approchant des musicien·ne·s, en tournoyant autour de la scène pour ne pas perdre une miette de la représentation et en se restaurant, le·la spectateur·trice peut mener librement sa propre quête.

Photo: Gérard Payelle

Cécile Hurbault a découvert le théâtre Nô japonais alors qu’elle étudiait au Conservatoire d’Orléans. Prise de curiosité, elle effectue un diplôme d’études théâtrales et part en Asie pour se pencher sur le théâtre d’ombres asiatique qui, comme elle le dit si bien « s’est finalement imposé à [elle] ». Celui-ci lui a permis de toucher à plusieurs aspects tels que le rapport au sacré, au rituel, aux éléments naturels tout en ayant une empreinte sur la vie quotidienne. Le théâtre des ombres est, pour Cécile Hurbault, « un théâtre où l’on met la technique au service du beau ». Aujourd’hui, c’est tout naturellement que la mélomane se consacre, à travers l’adaptation du texte ancestral qu’est le Mahâbhârata, à élaborer un spectacle pour les jeunes et moins jeunes afin de transmettre sa passion pour les cultures asiatiques et les marionnettes.

Ainsi, si le Mahâbhârata traditionnel se prolonge toute la nuit, il est, grâce à l’adaptation minutieuse de Cécile Hurbault, présenté au public en français dans une version écourtée qui mêle les arts de l’écran et de la scène. qui mêle les arts de l’écran et de la scène. Pour une immersion complète, un plat indonésien appelé nasi goreng ainsi qu’un dessert attendent les spectateur·trice·s. 

Le Mahâbhârata 

Samedi 23 novembre à 19h Dimanche 24 novembre à 17h 

Théâtre du Loup 

www.theatreduloup.ch