L’Ange de Kobané et son combat de l’espoir

“Mon Ange”, c’est l’histoire vraie de Rehana, combattante syrienne dont le nom est devenu synonyme de résistance face au terrorisme. Son récit est amené sur la scène de la Salle communale d’Onex dans une oeuvre coup-de-poing à vivre les 14 et 15 novembre 2018.

Texte: Sandrine Spycher

La pièce “Mon Ange”, présentée dans le cadre du festival Les Créatives, raconte l’histoire de Rehana, jeune étudiante en droit devenue un symbole de la résistance face aux assauts de Daech en Syrie. Écrite par Henry Naylor sous le titre de “Angel” et traduite pour cette version francophone par Adélaïde Pralon, “Mon Ange” est inspirée de faits historiques et s’efforce de reproduire un sentiment proche de la réalité vécue par Rehana, surnommée l’Ange de Kobané. Cette réalité n’est pas de toute douceur. Après une attaque terroriste de Daech sur son village, Kobané, en août 2014, la jeune femme abandonne ses études afin de devenir tireuse d’élite pour combattre les assauts meurtriers. Au lieu de fuir, elle choisit de rester sur ses terres pour se battre au nom de la liberté. Comme elle, des milliers de femmes constituent une armée après le génocide des hommes perpétré par les terroristes. Fortes de leur courage, ces soldates effraient Daech: s’ils meurent tués par une femme, le paradis leur est interdit. La pièce relate l’intimité de l’horreur vécue dans ce village du nord de la Syrie.

Mêlant espoir et combat, “Mon Ange” est un hommage à la résistance et à la dignité humaine incarnées par les femmes qui ont eu à coeur de prendre les armes pour se défendre. Oeuvre politique par excellence, elle cherche à faire réfléchir le public. Après tout, ces faits sont réels et encore beaucoup trop présents dans le monde pour être oubliés. La mise en scène de Jérémie Lippmann assisté de Capucine Delaby favorise l’expérience sensorielle. Les décors et les lumières – respectivement réalisés par Jacques Gabel et Joël Hourbeigt – accentuent la sensation d’oppression. En effet, beaucoup de scènes sont jouées dans l’obscurité et l’on se sent alors proche de Rehana, de son combat dans la guerre contre Daech. La légende dit qu’elle a été capturée et décapitée deux fois, mais qu’elle a réussi à fuir, les deux fois. Où est-elle? Le mystère reste entier. Mais la force du personnage et l’impact de ses actions inspirent l’espoir.

L’Ange de Kobané est incarné sur scène par Lina El Arabi. Véritable révélation du festival OFF d’Avignon en 2017, l’actrice se produit dans son premier seule en scène. Du haut de ses 23 ans, Lina El Arabi porte brillamment les traits de Rehana. Sa voix rauque résonne comme un chant de bataille inévitable dans ce texte dur et cru qui pousse à questionner ce sur quoi l’on accepte de fermer les yeux.

“Mon Ange”
14 et 15 novembre 2018 à 20h
Salle communale d’Onex
www.spectacles-onesiens.ch
Dans le cadre du festival Les Créatives
www.lescreatives.ch

2018-11-08T16:05:56+00:00