Nouveau Talent 2017-10-05T16:04:25+00:00
En showcase à Manor Lausanne le 4 novembre à 14h30!

Diana K. artiste vs. Businesswoman

Cinq titres entre country et blues qui vibrent comme un ténu rayon de soleil, le soir, dans un paysage américain. Qui vibrent comme Nashville vibre des centaines de petites salles qu’elle abrite, et de la passion des artistes de toutes origines qui viennent y jouer. “Tennessee”, le premier EP de l’artiste suisso-britannique Diana K., est sorti à la fin de l’année dernière. Il est le résultat de rencontres inattendues et de deux mois de travail intense dans la Music City.

Si “Tennessee” est le premier album de Diana K., l’artiste n’en est évidemment pas à ses premiers pas dans la musique. Elle commence la guitare à 9 ans à Monaco, là où elle grandit, et d’aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours chanté. Avec l’envie de faire de la musique sa vie, elle écume les concours. Son premier prix au Festival des Jeunes Talents de Monaco lui offre la possibilité de monter sur scène. Lors d’un casting en 2007, elle est même choisie pour accompagner le chanteur américain Jesse McCartney, alors l’idole des adolescentes, sur une chanson pendant son concert à Strasbourg. Plus tard, arrivée en Suisse pour ses études, elle profite de chaque occasion pour se produire sur scène entre Lausanne et Genève.

En fin d’année dernière, l’artiste, cheffe de projet dans la “vraie vie”, se trouve en proie à un conflit intérieur. Comment lier ses deux vies parallèles – son poste à responsabilités et sa fibre créatrice? La businesswoman n’a pas assez de temps, la musicienne a des problèmes de voix. Avril 2016, elle prend une décision: s’envoler vers Nashville pour consacrer deux mois entiers à la musique.

Là-bas, Diana K. prend des cours avec l’auteure-compositrice primée Antoinette Olesen, et son approche de l’écriture  s’en trouve changée: “Avant, j’écrivais de manière discrète, j’avais peur qu’on me comprenne. Elle m’a encouragée à me dévoiler dans mes chansons, et c’est vrai que cela donne une autre dimension, plus intéressante”. L’artiste, qui se cherchait encore jusque-là, affirme avoir trouvé son style au cours de ce voyage. “Je n’avais pas prévu d’enregistrer un album, mais entre mes nouvelles chansons et mes soucis de voix qui se sont réglés, je ne pouvais pas rentrer sans le faire”. Le seul titre de l’album qui ne voit pas le jour aux USA est “Society wants”, une composition que Diana K. joue depuis 2011 sur scène et qui rencontre un certain succès auprès du public. Le texte n’a pas été touché, mais la chanson aura tout de même évolué musicalement durant le voyage. Les autres chansons que l’artiste a l’habitude de jouer à Lausanne, plus pop, collent moins au style bluesy approfondi à Nashville et ne sont donc pas retenues pour l’album, même si l’artiste souhaite les garder de côté pour les retravailler un jour. Ce sont donc quatre toutes nouvelles compositions qui viennent prendre place à côté de “Society wants”.

Les arrangements sont bouclés en un mois, entre les USA et la Suisse. La batterie, la basse et les chœurs sont enregistrés à Fribourg, par des amis musiciens (Fabien Ayer et Jenny Lorant) avec qui Diana K. a l’habitude de travailler. “Parfois on bossait sur Skype jusqu’à 2 heures du matin”, raconte l’artiste. La voix et la guitare sont posées, elles, en direct de Nashville par Diana K. et Patrik Wadholm, guitariste suédois également débarqué aux États-Unis pour quelques mois afin se consacrer à la musique. Par hasard, les deux musiciens se retrouvent voisins, et décident de collaborer sur l’album. Sur le titre “Tennessee”, on peut entendre la voix du jeune homme nous souffler que la ville “hantera ses rêves les plus chers”. C’est précisément une voix grave comme la sienne, “comme un fantôme du Tennessee”, que Diana K. imaginait pour traduire l’émotion que l’endroit a imprimé en elle.

En plus de lui avoir apporté l’aide précieuse d’Antoinette Olesen et de Patrik Wadholm, la Music City est pour Diana K. l’opportunité de faire de nouvelles rencontres musicales. La ville fourmille de petites salles qui accueillent ce que l’on appelle des songwriters nights, scènes ouvertes où les auteurs-compositeurs viennent se produire dans une ambiance chaleureuse. Le système est un peu différent des concerts que l’on peut trouver en Suisse: quatre artistes sont sur scène en même temps, et chacun joue l’une de ses compositions, tour à tour. Après trois rounds, ils laissent leur place à d’autres artistes. Ces soirées permettent à la fois de se produire devant un public qui vient découvrir de nouvelles chansons, et de rencontrer d’autres auteurs-compositeurs venus de tous milieux.

Nashville a été, nous affirme Diana K., une expérience unique et un défi, qu’elle continue de relever à 200% même après son retour en Suisse: elle a décidé en effet de s’occuper elle-même du marketing de son album. Car si dans sa chanson explicite “Society wants” elle défie ses interlocuteurs du milieu du business (“A shake of hands and a fake smile / Pretend I’m proud of my status, wow / They don’t know it’s so not me”), elle ne nie pas en réalité que la businesswoman avec le “téléphone à l’oreille, l’Ipad à la main et le laptop sur les genoux” fait bien partie d’elle.

L’artiste mène donc ses deux vies de front pendant quelques mois, manageant des projets en journée, jouant sur scène ses titres couplés à des reprises en soirée. Après avoir enchaîné les concerts, elle nous confie vouloir faire une petite pause, pour avoir le temps de profiter de ce qu’elle a appris en terme d’écriture et développer ses textes. Dans un avenir proche, elle espère pouvoir ne présenter que des compositions personnelles.

Pour être sûr de ne pas la manquer sur scène avec “Tennessee” et de nouveaux titres: www.diana-k.com

Texte et propos recueillis par Katia Meylan
Photos: Nicola Harger