Ode aux placards oubliés

Bon débarras! est le dernier-né de la compagnie bruxelloise Alula. En tournée actuellement pour présenter son spectacle, la troupe fait halte à Genève, où elle se produira au mois de janvier au Théâtre des Marionnettes. Un divertissement familial qui s’annonce à la fois facétieux et nostalgique.

 

 

 

 

Texte: Athéna Dubois-Pèlerin

On est un peu surpris·e lorsqu’on se rend compte que le titre de la pièce tient davantage du jeu de mots que de l’expression figurée: Bon débarras! parle véritablement… d’un débarras, cette petite pièce obscure, où l’on fourre tout et n’importe quoi. Le lieu de l’action devient du même coup le héros
de l’histoire, car c’est bien autour de lui que s’articule toute la pièce. Le spectacle nous donne à voir neuf générations d’enfants, qui s’approprient le débarras d’une grande maison, de 1900 à nos jours. Un siècle de rires et de rêveries, de parties de cache-cache endiablées, d’histoires qu’on se raconte dans le noir.

Si le réduit reste le même, les enfants se succèdent, en laissant toutefois leur empreinte sur la petite pièce, des traces discrètes de leur passage éphémère qui nourriront l’imagination des occupant·e·s futur·e·s. Ainsi, les 40 traits que le gourmand petit Maurice a tracés sur le mur, en 1925, pour compter les jours qui le séparent de la fin du Carême deviennent pour Niels, en 2017, la preuve suprême qu’un grand criminel a autrefois trouvé refuge dans le cagibi et y est resté tapi pendant 40 jours, après avoir commis quelque affreux délit.

De petit recoin commode et insignifiant pour l’adulte, le débarras devient pour l’enfant un espace magique et mystérieux, un microcosme fantaisiste dans lequel tout devient possible. Terrain de jeu habité successivement à travers les époques, il met en relief les singularités et les similitudes de ses jeunes propriétaires, pour souligner au final l’intemporalité de l’imaginaire enfantin. Les marionnettistes de la troupe donnent vie à ces enfants articulés grandeur nature, aux voix et aux personnalités très diverses, et leur insufflent un réalisme décalé. Les artistes accompagnent de près leur personnage et restent par conséquent toujours bien visibles sur scène – un parti pris par la réalisation, qui instaure ainsi une dimension ludique supplémentaire, sorte de « jeu dans le jeu ». L’humour, tendre et tout en finesse, est assuré non seulement de plaire aux enfants, mais également de convaincre les parents dans la foulée.

 

Bon débarras!
Dès 8 ans
Du 14 au 26 janvier 2020
Théâtre des Marionnettes de Genève
www.marionnettes.ch