La poésie peut-elle sauver le monde?

Le multilinguisme sera à l’honneur dans cette nouvelle édition de “Poésie en Ville”, un festival aux allures littéraires où tout le monde est invité, l’espace d’un long week-end, à découvrir la poésie sous un autre angle. Spectacles, performances, concerts et rencontres: il y en aura pour tous les goûts!

Texte: Sofia Marazzi

Photo: F.Longree 

“Poésie en Ville” naît de la volonté de valoriser le patrimoine littéraire local et d’offrir au public l’occasion de se rapprocher de cet art, parfois méconnu malgré la présence de nombreux·ses poète·sse·s, librairies et maisons d’édition dans la région. Durant ces quatre jours, grâce aux différentes lectures, hommages, interprétations et rencontres littéraires, la poésie s’animera et des performances variées rythmeront le quotidien des festivalier·ère·s, donnant voix à divers·es auteur·e·s antiques et modernes avec des textes, dont certains inédits, allant du poème à la lettre, du chant aux montages audacieux.

Pour la troisième année depuis l’apparition de cette biennale dans le paysage genevois, nous sommes invité·e·s à nous laisser envoûter par l’ambiance poétique des Bains de Pâquis, où espaces verts et urbains se rencontrent au bord de l’eau. Un cadre idéal pour réfléchir à la question évoquée par l’écrivain Jean-Pierre Siméon: “La poésie peut-elle sauver le monde?”.

Une réponse sera proposée samedi par Siméon lui-même, et les différentes oeuvres présentées durant tout le festival offriront certainement à leur tour des pistes de réflexion.

Si la poésie permet d’instaurer un dialogue avec le monde, c’est en traduisant des émotions et des images en mots et vice-versa. Le rôle de la langue est donc essentiel, et le fil rouge de cette édition du festival sera précisément le multilinguisme, mis en valeur aussi bien par les sujets proposés qu’au travers des profils des artistes locaux·ales et internationaux·ales invité·e·s.

De jeudi à dimanche, nous aurons alors la possibilité de rencontrer différent·e·s auteur·e·s, qui décriront leur parcours ainsi que les défis liés à une traduction poétique qui soit fidèle aux aspects sémantiques, lesquels peuvent varier d’une culture à l’autre, mais également à l’esthétique du texte original. Ainsi, Matteo Campagnoli, représentant du festival Babel, nous proposera de faire la connaissance de trois auteures au profil plurilingue, tandis que le Literaturhaus de Zürich et le Centre de traduction littéraire de Lausanne opteront pour une discussion avec un poète suisse-allemand et sa traductrice francophone. Le multilinguisme suisse sera, lui, au centre d’un rendez-vous avec deux auteurs dont les oeuvres abordent une réflexion sur le mélange des langues au quotidien et dans le cadre des migrations.

C’est également autour du multilinguisme et de la traduction que se déroulera la table ronde organisée par les Éditions du Port a jauni. La maison d’édition, spécialisée dans les ouvrages bilingues françaisarabe qui jouent avec les subtilités des langues ainsi qu’avec les mélanges entre la poésie et les autres formes  d’expression, sera représentée ici par son éditrice, trois auteures et trois illustrateur·trice·s, qui nous présenteront leur vision de la traduction comme voyage entre les langues et les arts, entre le réel et l’imaginaire. Outre cette discussion, le Port a jauni invitera les jeunes artistes en herbe à se plonger dans la création poétique, avec trois ateliers différents proposant une lecture bilingue d’un ouvrage et la réalisation d’un livret où les mots, les couleurs et les images s’unissent pour traduire le monde en signes.

La création littéraire sera également au centre de la permanence d’écriture “Histoires de bain” du collectif Caractères mobiles, où nous serons invité·e·s à participer à l’élaboration d’un texte-flux, qui évoluera tout au long du festival et sera présenté au public dimanche.

L’association de différents arts vous inspire-t-elle? Aux Cabines des Bains, pendant toute la durée du festival, Pierre Lepori vernira une séquence de vidéos qu’il a lui-même créées pour accompagner les vers de son recueil “Quasi amore”. Des concerts animeront en outre la scène des Bains, en transposant en musique les textes de poètes classiques et contemporains, et un “concert dessiné” alliera même la poésie, la musique et les arts visuels.

Si vous aimez la littérature mais que vous préférez le théâtre à la poésie, vous aurez la possibilité d’assister à la mise en scène de petites histoires drôles, samedi et dimanche au Cyclo Théâtre du réalisateur et acteur Paulo Ferreira, ou encore à l’interprétation de “La Bibliothèque sonore des femmes” de Julie Gilbert, proposée tous les jours du festival dans d’anciennes cabines téléphoniques où vous pourrez écouter des monologues fictifs de femmes de lettres des siècles passés imaginés par des auteures contemporaines.

Pour conclure dans une ambiance conviviale, le dimanche sera également l’occasion de partager un petit-déjeuner et d’écouter, mais aussi de proposer, la lecture de courts textes dans différentes langues. Et si vous préférez profiter du dimanche pour flâner à vélo, vous serez alors convié·e·s à une visite cyclolittéraire par la guide du patrimoine Sita Pottacheruva, qui vous offre une balade dans le quartier des Pâquis sur la trace de divers écrivains, ponctuée par la lecture d’extraits.

Que vous soyez un·e habitué·e de ce festival, un·e amateur·trice de oésie, un·e auteur·e en herbe ou simplement curieux·se, laissez-vous tenter par l’une de ces nombreuses activités ou par les livres que la Librairie poétique proposera tout au long du festival.

Poésie en Ville

Quand? Du mercredi 26 septembre au dimanche 30 septembre

Où? Entre les Bains de Pâquis, la Bibliothèque des Eaux-vives, la Bibliothèque de la Cité et la Bibliothèque de la Jonction

Prix et inscriptions: La manifestation est entièrement gratuite, mais certaines activités nécessitent une inscription

Retrouvez le programme complet et toutes les informations pratiques ici:

www.poesieenville.ch

2018-09-03T16:26:19+00:00