Monstre sacré

Le 12 mars, les Spectacles Onésiens accueilleront l’Américaine Sarah McCoy, étoile montante du blues, ogresse au look gothique qui n’hésite pas à métisser ses sonorités d’influences jazz, pop et gospel. Actuellement en tournée pour présenter son premier album, Blood Siren, la musicienne nous promet d’ores et déjà une soirée incandescente.

Texte: Athéna Dubois-Pèlerin

Difficile de définir précisément le style musical de Sarah McCoy: les grands noms du blues, tels que Nina Simone et Tom Waits, apparaissent régulièrement sous la plume des critiques pour dépeindre la couleur feutrée de ses compositions, tandis que son contralto lancinant rappelle la blue-eyed soul façon « écorchée vive » d’Amy Winehouse. Accompagnée de son piano, la diva nous berce de ses ballades envoûtantes, qui racontent une vie en clair-obscur, façonnée par les attachements fusionnels et les fêlures profondes.

Artiste rebelle comme on n’en fait plus, Sarah McCoy passe sa jeunesse sur les routes, à vivoter grâce à sa musique, courant les bars et dormant fréquemment dans des squats. Ses années nomades l’amènent jusqu’à la Nouvelle-Orléans, capitale du jazz, dont l’atmosphère marquera durablement la jeune femme et contribuera à la faire évoluer stylistiquement. Le son lustré hérité de sa formation classique laisse progressivement place à des résonances blues-jazz plus ténébreuses.

De sa voix langoureuse de sirène désolée, Sarah McCoy invite son public à venir se perdre avec elle et en elle. D’aucuns ont relevé une similitude entre l’univers artistique de la musicienne et l’esthétique onirique et sensuelle de David Lynch. Dans le clip de Boogieman, son plus grand succès à ce jour, la diva se fait succube pour venir hanter le sommeil d’une jeune créature sylvestre. Texte et visuels participent à célébrer la figure du « monstre » que l’artiste voit en elle-même, thème qui traverse toutes ses compositions. La bouleversante Mamma’s Song, écrite par Sarah McCoy pour sa mère, est sans doute celle de ses chansons qui en témoigne le plus puissamment: « I don’t like who I am, who I’ve been, or who I’ll be […] Dear Mamma there’s no one left but you to pray for me« .

Outre aux Spectacles Onésiens, la diva se produira également le 23 mrs à La Spirale à Fribourg. Deux superbes occasions de découvrir un talent rare, véritable diamant brut de la musique blues actuelle.

Sarah McCoy
Jeudi 12 mars 2020 à 20h
Salle communale d’Onex
www.spectacles-onesiens.ch

Vendredi 13 mars
La Spirale, Fribourg
www.laspirale.ch