Une exploration des mouvements

Des robes noires telles des sculptures virevoltant aux mouvements de la danse contemporaine, une oeuvre inspirée de la Serpentine Dance de la fin des années 1800, ainsi que des chorégraphies poétiques sur des sonorités étranges, telle est la création d’Ola Maciejewska, chorégraphe polonaise établie à Paris. Sa pièce, « Bombyx Mori », sera présentée du 2 au 4 octobre à l’Association pour la Danse Contemporaine (ADC) à Genève.

Texte: Lara Liard

S’étant intéressée au mouvement généré par les objets dans l’histoire de la danse à l’occasion de son travail de mémoire en 2011, Ola Maciejewska s’est ensuite penchée sur les performances de l’Américaine Loïe Fuller, initiatrice de la danse moderne et de la danse serpentine qui mêle différents éléments tels que le tissu, les sons, la lumière ou les matières premières, développant le mouvement comme étant bien plus que simplement celui du corps.

Photo: Martin Argyroglo

À la suite de tout cela, la chorégraphe a imaginé une prolongation de la création de Loïe Fuller. Il s’agit de « Bombyx Mori », un titre provenant du nom latin du ver de mûrier qui produit la soie au cours de sa transformation. La référence à ce tissu est un clin d’oeil à la Serpentine Dance initiée par l’Américaine, une danse qui utilise des énormes robes de soie blanches articulées par des baguettes.

Dans son projet, Ola Maciejewska propose sa propre performance, accompagnée de celles de deux danseur·euse·s. Cette évolution à trois danseur·euse·s comporte des robes noires et l’artiste polonaise pousse l’expérience du mouvement toujours plus loin. Elle a en effet décidé de « jouer avec le potentiel du corps de devenir objet et le devenir subjectif de la matière ».

Photo: Martin Argyroglo

À l’époque, les danses de Loïe Fuller reproduisaient une fleur, un oiseau, une flamme. De son côté, la chorégraphe polonaise a voulu s’aventurer plus loin et trouver d’autres images à présenter. Dans son spectacle, Ola Maciejewska interroge ce que nous voyons en tant que spectateur·trice et comment nous regardons.

Sa création, la chorégraphe la voit comme un ensemble de sculptures, de marionnettes, ou même de divers personnages selon le rythme et l’intensité. Elle décrit la danse comme étant simple et claire, ne jugeant pas nécessaire de l’affiner davantage. « Bombyx Mori », un ensemble de mouvements cherchant à créer des images au travers de l’énergie corporelle durant une heure. Des gestes virtuoses qui ont déjà parcouru plusieurs pays d’Europe au cours des dernières années et qui feront le détour par Genève prochainement.

 

Bombyx Mori

ADC, Genève

Du 2 au 4 octobre à 20h

Toutes les infos sur https://adc-geneve.ch/