White dog 2017-09-28T09:59:47+00:00

“White Dog”: la haine faite chien

Années 1960, ségrégationnisme et Romain Gary: pour ouvrir sa saison, le Théâtre des Marionnettes de Genève s’offre “White Dog”, la dernière création de la compagnie les Anges au Plafond. Adaptée du roman “Chien Blanc” de Romain Gary, cette pièce engagée plonge ses spectateurs dans les tréfonds de l’Amérique raciste et ségrégationniste des années 1960, proposant par la même occasion une lecture en creux de notre propre actualité.

Texte: Florian Mottier
Photos: Vincent Muteau

Un chien peut-il être raciste?

“White Dog”, c’est l’histoire de Batka, un chien abandonné recueilli par un couple

vivant dans une Amérique secouée par les tensions raciales. Or la famille d’adoption du canidé découvre avec effroi que Batka est un white dog, un chien dressé à attaquer les africains-américains qu’il voit. S’ensuit une réflexion sur les mécanismes du racisme et de l’exclusion portant finalement sur une simple question: peut-on désapprendre la haine de l’Autre?

Une pièce rythmée par les trouvailles scéniques

Comment rendre justice à l’humanisme sans concession de l’autofiction de Gary? Comment transposer avec justesse et délicatesse la puissance de son roman? “Pour donner vie à ce jeu, nous utilisons l’écriture en direct, le pop-up, les ombres, la sculpture et les marionnettes” explique Camille Trouvé, metteuse en scène de “White Dog”. C’est là tout le défi de la création que de concilier le matériau d’origine et les contraintes scéniques, sans perdre la force du propos développé dans “Chien Blanc”. Pour compléter cette palette, la pièce sera rythmée par la batterie d’Arnaud Biscay, dont les accents proches du hip-hop et du jazz viendront traduire “l’ambiance d’urgence, de colère, de fièvre”, toujours selon les mots de la metteuse en scène.

Ode à la désescalade de la violence

Les Anges du Plafond n’en sont pas à leur coup d’essai. Brice Berthoud et Camille Trouvé, les fondateurs de cette compagnie, avaient déjà exploré les territoires de Romain Gary en mettant en scène une autre pièce consacrée à l’auteur et à ses multiples identités: “R.A.G.E”. Cette création, marquée par les attentats du 13 novembre, a poussé la compagnie à continuer de s’interroger sur les mécanismes de la haine et à mettre en scène “un puissant pamphlet contre la bêtise humaine et une ode à la désescalade de la violence” explique Camille Trouvé.

Un spectacle à découvrir du 5 au 15 octobre 2017, au Théâtre des Marionnettes de Genève. Plus d’informations sur: www.marionnettes.ch