AVETIS, dix ans de bonnes nouvelles

Varduhi Khachatrian ©point-of-views.ch

Cette année, AVETIS fête ses dix ans d’existence. Dix ans de concerts organisés dans le but de valoriser la culture arménienne, dix ans de grands noms de la musique conviés à Genève, tels qu’Angela Gheorghiu, Maxim Vengerov, Michail Pletnev, Tigran Hamasyan, Elīna Garanča… Et l’association ne compte pas s’arrêter en si bon chemin! Pour cette première décennie, AVETIS a préparé quelques surprises en compagnie de Khatia Buniatishvili ou encore de Maxim Vengerov.

Texte et propos recueillis par Katia Meylan

Varduhi Khachatrian et Aram Melikyan ont baptisé leur association de ce mot avetis qui, en arménien, désigne le jour où l’ange Gabriel annonçait à Marie un heureux événement; et on peut dire qu’eux aussi sont porteurs de bonnes nouvelles! En effet, depuis les premiers concerts organisés dans les églises, ils n’ont eu de cesse de valoriser la musique arménienne. Ils se produisent à présent au Victoria Hall depuis 2015, toujours avec des têtes d’affiche. « Le succès est arrivé plus vite que prévu… Mais nous n’avons de loin pas encore tout fait! », sourit l’ambitieux Aram, qui rêve notamment de collaborations avec des orchestres mondiaux.

Lorsqu’on lui demande si le public romand est plus familier avec l’Arménie qu’il y a dix ans, le couple répond par l’affirmative. « Je me souviens avoir chanté Havun Havun comme bis un soir, un morceau arménien du 10e siècle. Certains sont sortis en pleurant, voulaient savoir d’où ça venait. Aujourd’hui on nous demande régulièrement quand Komitas sera au programme, ou quand est-ce qu’on réinvitera Sergey Khachatryan », se réjouit Varduhi, elle-même cantatrice lyrique.

Nombreux sont les chemins qui mènent à l’Arménie
Très impliquée dans sa mission, et « pour ne pas fatiguer le public avec [son] but », elle multiplie les approches, aborde aussi bien l’histoire que l’art, et valorise les artistes d’aujourd’hui autant que le patrimoine. Lorsqu’AVETIS invite des musiciens arméniens comme Sergey Khachatrian ou Tigran Hamasyan, ces derniers ont carte blanche. Quant aux autres artistes, leur programme comporte toujours une ou plusieurs œuvres en lien avec l’histoire du pays. Komitas est évidemment parmi les compositeurs incontournables: « Il est le symbole de notre génocide, dont il a été témoin. Son rôle a eu une grande importance dans la musique arménienne, car il est allé à la rencontre de ce qui était joué dans les villages et a extrait la substance arménienne des influences arabes », nous rappelle Aram.

Ainsi, le public découvre l’Arménie et son histoire derrière les pièces. À l’occasion de son récital, la soprano Elīna Garanča avait chanté les Folk Songs de Luciano Berio, dont l’une d’elles, arménienne, est un hommage à sa femme Cathy Berberian. Lors du gala Viva Vivaldi en 2015, le public venait écouter Les Quatre Saisons et Gloria. Aux côtés de ces œuvres phares, des extraits d’une pièce moins connue ont été présentés: ceux de l’opéra Il Tigrane, dont la trame relate les faits d’armes, la restauration de la paix et l’amour du grand roi arménien pour la fille de son ennemi. Une belle occasion pour AVETIS de présenter le lien entre Vivaldi et l’Arménie: en effet, ce dernier vivait à Saint-Lazare, petite île sur laquelle est bâti un monastère arménien. Son amitié avec le prêtre lui permit de découvrir l’histoire de ce peuple et inspira plusieurs de ses œuvres. L’association a également à cœur de présenter les jeunes artistes et d’être vecteur de rencontres. Elle a notamment créé un orchestre éphémère à géométrie variable, placé sous la direction de Sergey Ostrovsky. Lorsque le programme le demande, ce dernier réunit des musicien·ne·s de différents ensembles (OSR, OCL,…) ainsi que des instrumentistes arménien·ne·s vivant en Suisse mais aussi en Allemagne ou en Belgique.

Les concerts à venir
AVETIS annonce son prochain rendez-vous le 13 octobre au Victoria Hall, pour un récital de Khatia Buniatishvili. Il faut savoir que l’association entretient un lien privilégié avec la pianiste franco-géorgienne, qu’elle avait conviée en Arménie en 2019 pour un concert avec l’Armenian Philharmonic Orchestra. Par ce genre de projets, AVETIS crée un réel échange et fait également découvrir au public arménien des stars qui se produisent régulièrement sur nos scènes nationales.

Le 8 novembre, le violoniste Maxim Vengerov, également artiste « chouchou » d’AVETIS avec lequel l’association a fait ses premiers pas, se produira dans un récitalau Victoria Hall aux côtés du pianiste arménien Vag Papian. 

De beaux projets en perspective pour ce 10e anniversaire, que rendent conjointement possible leur foi en l’échange des cultures et la confiance de mécènes – notamment la Fondation Francis et Marie France Minkoff.

Prochains concerts:
Khatia Buniatishvili
Mercredi 13 octobre à 20h

Maxim Vengerov
Lundi 8 novembre 
Victoria Hall

www.avetis.ch