Sérigraphie moderne

Photos: Antoine Martin

Il y a cinquante ans, la sérigraphie connaissait un succès impressionnant. Cette technique d’impression sur différents matériaux se démarquait par sa qualité de couleur et sa longévité. Mais avec l’avènement d’internet et les moyens de transports de marchandises de plus en plus bon marché, on rechigne à payer les artisan∙e∙s locaux∙ales, au mépris de la qualité et de la diversité. L’Agenda est parti à la rencontre d’un jeune sérigraphe, Paul-Loup Baxter Duchâtel.

Texte: Valentin Cherix

Les débuts
Après un apprentissage et deux ans à travailler en tant que manager dans une entreprise à Genève, Paul-Loup Baxter Duchâtel décide de partir en Angleterre exercer son métier dans une grande société, où il découvre le côté plus industriel et quantitatif de la sérigraphie. Cette expérience le convainc de ce qu’il veut faire, l’exact opposé.
Il revient en Suisse après avoir travaillé un an et trouve une place dans une imprimerie numérique. Son patron d’alors, cherchant à s’agrandir, trouve des locaux en plein centre de Genève qu’il souhaite partager avec d’autres artisan∙e∙s. Paul-Loup décide de saisir l’opportunité de lancer sa propre entreprise dans ces locaux et de devenir le voisin de son ancien boss. Travailler à son compte était pour lui la suite logique de son parcours, puisqu’il a, dès la fin de son apprentissage, occupé des postes à responsabilités.

Une impression réfléchie
Parmi les différents mandats qu’il effectue, il aime particulièrement travailler avec les tatoueur·euse·s ainsi que les acteur·trice·s de la culture. Avec les artistes de l’encre, il peut explorer de nouvelles techniques et faire des expérimentations qui ne se font pas dans la sérigraphie habituellement. Dans le cadre de la culture, il apprécie que son travail serve à répandre des messages auxquels il croit. Un autre point qu’il affectionne est le caractère « unique » de la sérigraphie qu’il pratique. Chaque œuvre est numérotée et même si réimpression il y a, certains facteurs, comme la quantité d’encre ou la qualité des matériaux, seront différents.

Philosophie
C’est un jour, campé devant sa collection de plus 300 t-shirts achetés en concert, que Paul-Loup s’est rendu compte de la surconsommation énorme de l’industrie du textile. Les t-shirts de concerts achetés 6 euros, c’est une broutille que beaucoup peuvent se permettre d’acheter sans y penser. Alors qu’avec une augmentation de la qualité – et donc, nécessairement, du prix – on aura plus tendance à réfléchir à ce que l’on acquiert. Dans l’esprit de moins consommer la planète, Baxter Sérigraphie récupère et recycle ses machines et ses encres, et fais attention à leur impact écologique.

Ses espoirs pour la suite
Malgré cette folie de mondialisation, on se rend compte peu à peu que ce qui nous coûte moins cher peut en revanche coûter plus cher à la planète. Son espoir est que l’on recommence, dans tous les domaines, à se tourner vers un artisanat local, à veiller au maintien de la petite concurrence, quitte à payer un peu plus cher pour garder plus de diversité, de choix et de respect.
www.baxter-serigraphie.ch/w3/