Dessin physique

Elle nage dans le bassin florissant des jeunes illustrateur·trice·s dont la créativité s’exprime tant dans des carnets que sur les réseaux sociaux ou les corps. Un bassin où, au travers des reflets, chaque koi est unique. Autour d’un café, Carla Suba, graphiste et tatoueuse lausannoise, nous parle de son parcours et de son avenir encore à tracer. En ressortent ses influences nippones, une passion du dessin et une envie de toucher à tout.

Texte: Valentin Cherix

Forêt Japonaise avec un portail Torii, aquarelle

Inspirations orientales
À l’âge de 10 ans, Carla découvre Le Voyage de Chihiro, succès planétaire du Studio Ghibli et s’identifie totalement au personnage de Sen, l’héroïne du film. Cet amour de la culture japonaise ne la quittera plus, et la lecture de mangas étendra son exploration graphique du pays du soleil levant.

Carla Suba. Photo: Sarah Perriraz Projet design de mode d’emploi

Un double parcours
Petite, Carla ne se passionne pas exactement pour les cours et n’écoute que si on lui retire ses stylos et ses crayons. Elle excelle toutefois dans le patinage artistique, qu’elle commence très jeune. À l’âge de 6 ans, elle débute les compétitions et arrive bientôt au niveau national. Le dessin restera auprès d’elle durant cette période puisque qu’elle imagine elle-même ses costumes, qui sont ensuite créés et cousus par sa maman. En grandissant, elle se révèle être une forte tête avec un caractère très indépendant, ce qui ne plaira pas à ses entraîneurs qui la mettront face à un ultimatum: soit elle continue le patin mais en amateur, soit elle arrête. Ni une, ni deux, elle prend ses cliques et ses claques et ferme cette porte. Du moins pour le moment… Elle qui voyait sa vie dans le sport, en tant que coach, voit son avenir redevenir flou, incertain et chamboulé. Puis, instinctivement, son amour du dessin, doublé d’un grand-père graphiste, lui inspirent un chemin en accord avec cette autre passion. En 2016, elle se décide donc à intégrer l’École Dubois à Lausanne en graphisme.

Eating Ramen

Un double futur
Après l’obtention de son Bachelor, elle effectue plusieurs petits mandats pour des proches et des connaissances, mais le métier de graphiste, aussi vaste soit-il, attire énormément de monde, et les débouchés sont moins nombreux que les jeunes diplômés qui finissent leur formation chaque année. Aujourd’hui, son envie de toucher à différents domaines de création emmène Carla du côté du tatouage, une autre façon de dessiner qui la passionne. Au contact de différents tatoueur∙euse∙s, elle observe, apprend et fait ses premiers test, d’abord sur des fruits, puis sur elle-même… et bientôt sur ses premiers clients. Désormais, elle souhaite ouvrir son studio et travailler en association avec d’autres artistes.
Instagram: suba._design