Un album aux reflets jazz et classiques

Dans un parc lausannois et sous le premier soleil de printemps, L’Agenda avait rendez-vous avec le musicien et compositeur Samuel Urscheler. Issu de la Haute École de Musique, le saxophoniste s’est récemment mêlé à un quatuor à cordes et a enregistré un premier album. Avec le groupe CROME, il entend explorer les possibilités expressives du jazz et du classique comme autant de « marées » ou de « nouvelles longueurs d’ondes » (pour traduire deux de leur titres). Dix compositions aux textures sonores larges sont rassemblées en une proposition « lumineuse »: une poétique de la transparence et des jeux de reflets comme annoncé par le titre japonais de l’album, Komorebi. Voici les confidences du musicien qui, cette après-midi-là, arborait un cabas avec la pochette de l’album.

Texte et propos recueillis par Marion Besençon

Photos: William Tan

Leader du projet musical CROME, Samuel Urscheler en est le fondateur et le manager puisqu’il s’occupe de la gestion et s’entretient avec les médias. « Au niveau de la musique, par contre, c’est assez démocratique », nous explique-t-il. « En effet, je joue et enregistre avec un quatuor à cordes, je compose donc en pensant d’abord au groupe. Ce n’est pas le saxophone qui a toutes les mélodies pendant que les cordes l’accompagnent. Les mélodies sont créées pour tous les instruments ce qui donne un résultat polyphonique ».

Trois concepts forment le mot valise CROME: crossover, modular et ensemble. Des arguments exprimant la volonté de transversalité entre musique écrite et musique improvisée et l’ouverture quant aux collaborations à venir. « Cette notion de modular signifie ajouter ou soustraire des musicien·ne∙s: par exemple, en ajoutant une batterie, un piano et une basse on s’orienterait alors davantage vers le jazz. Mais on pourrait tout autant imaginer enregistrer avec une chanteuse. »

Sur ce premier album, CROME a enregistré à cinq: « La violoncelliste, Pauline Boulanger, fait aussi du hip-hop, l’altiste, Daniel Minten, joue de la basse électrique dans un groupe de rock et a travaillé à Londres pour la scène free jazz. Quant aux violonistes Arthur Traelnes et Anne-Sophie Ollivier, ils savent tout faire et sont ouverts à tous les styles. Tous sont capables d’interpréter du classique comme du jazz, la plupart d’improviser et de produire des solos. Ces plages d’improvisation sont dans l’ADN du projet « , nous confie fièrement le saxophoniste. En admirateur de talent, Samuel Urscheler a composé l’album Komorebi en pensant à cet ensemble musical.

C’est que le jazz-man est transporté lorsqu’il est entouré de cette formation: « je joue sur un nuage lorsque les cordes accompagnent mon saxophone ». Au-delà du style musical, le compositeur mène une quête acoustique: « L’enregistrement s’est déroulé au Silo à Renens (VD) pour sa réverbération naturelle et pour contraster avec la musique électronique », développe-t-il. Samuel Urscheler achève cet été un Master à l’HEMU et trois nouveaux morceaux sont en préparation, la crise n’ayant pas entamé son travail de composition.

Komorebi
Sortie de l’album physique le 28 mai 2021
En version digitale sur www.crossoverensemble.com
https://orcd.co/cromekomorebi
instagram: @samurscheler, @crome_music