Tout redéfinir chaque jour

Je dois déposer ici le terme qui s’incruste dans les discours, les communiqués, les conversations attrapées au vol d’un jogging solitaire ou montées de la rue jusqu’à notre balcon. Le coronavirus, que l’on nomme la voix vibrante de combativité, ou que l’on écrit, la plume échinée de projets remis à plus tard ou à jamais.

Je le cite (car on ne peut pas éclipser ce qu’il a rendu impossible), pour mieux le déposer et continuer sur ce qui est possible. La culture a été frappée mais ne se laisse pas abattre, la preuve en est des nombreuses alternatives mises en place pour transmettre l’art en ligne sous diverses formes.

À L’Agenda, nous avons décidé de publier un numéro mai-juin. Nous avions rencontré des artistes dont nous souhaitions vous parler, nous avons été touché·e·s par des projets qui se métamorphosent ou s’adaptent. Si la revue paraît, c’est grâce aux rédacteur·trice·s qui ont participé à son élaboration par leurs idées, leur temps et leurs textes, et grâce à nos partenaires pour ce numéro: le Festival de Théâtre aux Jardins du Rosey, Lancy Tennessee, la Ville de Genève et la Ville de Morges.

Vous remarquerez que la revue est plus fine qu’à son habitude. En effet, la fermeture de nombreux lieux culturels pour la fin de saison et l’incertitude sur la tenue des événements estivaux font qu’il ne valait pas la peine de figer sur papier un agenda si changeant. Le calendrier est toutefois disponible sur notre site internet, ce qui nous permet d’effectuer les mises à jour au fur et à mesure des décisions officielles.

Les articles, quant à eux, sont bien au rendez-vous. La littérature brigue quatre sujets: une BD suisse, un témoignage puissant au sujet de la boulimie, une incursion dans le polar écossais et un festival de lectures nyonnais qui, pour ne pas devoir patienter jusqu’à l’année prochaine, s’est réinventé en ligne.

Les artistes ont la part belle, car si leurs rendez-vous sont pour l’instant repoussés, leur créativité continue de bouillonner. On peut suivre leur travail en ligne, et se réjouir de les retrouver dès la reprise des activités! Ainsi, nous avons fait une incursion dans les univers d’un plasticien, d’un dessinateur, d’un calligraphe, d’un DJ ainsi que d’une chanteuse rock-électro-world psychédélique.

Parmi les événements de cet été, citons-en qui ont été repoussés d’une année et que l’on retrouvera tout pareils, mais en 2021, à l’image du Festival de Théâtre aux Jardins ou du festival Lancy Tennessee. D’autres ont été annulés – comme la pièce de théâtre Le Roi se meurt, dont nous gardons dans ces pages une critique des élèves de la classe 2CG option maturité arts de la scène, qui avaient vu la pièce et rencontré le metteur en scène.

D’autres encore refont surface en mai, notamment les expositions, pionnières de la réouverture. Nous présentons ainsi les accrochages temporaires du Musée d’art et d’histoire, de la Maison du Dessin de Presse et du Musée de l’Elysée.

En espérant avant tout que ce numéro vous trouve en bonne santé, nous nous excusons pour sa parution tardive et aimerions que son contenu, bien que différent, vous informe et vous permette quelques évasions.

Katia Meylan,
Rédactrice en chef