Offert, contraint ou ardemment recherché: le renouveau

Ca y est, les théâtres et les salles de spectacles peuvent rouvrir!

De nombreux messages échangés depuis l’annonce du 14 avril, soit hier, au moment où j’écris ces lignes, ont un goût d’optimisme. Les réactions qui éclosent à chaud sur les réseaux elles aussi semblent contenir un regain d’énergie, insufflé par cette marque de confiance – enfin! – des autorités envers la culture. Au moment où vous aurez L’Agenda entre les mains, vous serez peut-être déjà allé·e voir un spectacle.
À chaud toujours, on entend aussi quelques réserves. La jauge stricte limitée à 50 personnes à l’intérieur ne permet pas à toutes les salles de réapparaître avec une programmation. Non pas parce qu’elles ne savent pas « se réinventer », mais parce que chaque structure, selon sa taille, ses moyens, le type d’art qu’elle propose ou les artistes qu’elle invite ou avec qui elle crée, se voit confrontée à des problématiques différentes.
Art il y aura, mais il devra retrouver ses chemins.

Du côté de L’Agenda, nous bouclions la revue entre le 14 et le 15 avril. Vous relèverez la 2e de couverture, comme une réaction anticipée à une annonce plus négative qui aurait pu tomber… Le slogan ne perd toutefois jamais son sens, il se transforme. Et c’est tant mieux.
De plus, nous ne nous sommes pas départi·e·s d’un certain optimisme puisque nous pouvons fièrement annoncer que le calendrier vous attend, après un numéro d’absence, en deuxième partie de la revue!

Parmi les propositions artistiques qui font leur grand retour, certaines se sont glissées sous la plume de nos rédacteur·trice·s. Les thèmes de liberté, de visibilité et de renouveau s’y entrecroisent. Nous avons rencontré le directeur du Musée d’ethnographie qui annonce en tant qu’institution un plan stratégique tendant, entre différents autres objectifs, à la décolonisation de ses collections. Le Théâtre des Marionnettes de Genève aborde lui-aussi la colonisation à travers un spectacle intitulé La Conquête. La jeune réalisatrice Maevia Griffiths visibilise, dans un long-métrage documentaire, le travail domestique effectué par des femmes migrantes en situation irrégulière. Trois propositions rappellent à nos mémoires des actes historiques engagés: L’exposition Chaplin et Le Dictateur rend hommage à l’artiste qui avait su, il y a 80 ans, percevoir la montée du nazisme et y répondre avec ses armes, l’art, l’humour et la tolérance. Le spectacle musical Je suis Grecque revient sur la décision de la chanteuse et actrice Melina Mercouri de porter la voix de son pays réduite au silence par l’armée. L’exposition Quoi de neuf pussyhat? résume quant à elle les cinquante dernières années de lutte pour l’égalité des sexes, depuis l’obtention du droit de vote en 1971.

Espérons que tous les articles de ces pages vous inspirent un sentiment de liberté!

Katia Meylan,
Rédactrice en chef