Une scène artistique vaudoise?

Qu’est-ce que la scène artistique vaudoise? Voilà une bonne question, à laquelle il est impossible de répondre. D’ailleurs, cette interrogation en appelle, irrémédiablement, d’autres: qu’est-ce qui permet de définir un∙e artiste vaudois∙e? Quels sont les composants d’une scène artistique? Comment les représenter? Les exposer? Les réunir? Comment peut-on être (du village d’à côté) persan (martien)? Pardon? Oui, vous avez bien lu: Comment peut-on être (du village d’à côté) persan (martien)? Cette dernière question, c’est Jill Gasparina qui se/nous/ vous la pose.

Propos recueillis par Clara Boismorand

Jardin d’Hiver: une première exposition biennale au MCBA Comment peut-on être (du village d’à côté) persan (martien)? se trouve être l’intitulé de la première exposition biennale Jardin d’Hiver du Musée cantonal des Beaux- Arts. Si le MCBA, vieux de plus de deux siècles, a toujours eu à cœur d’être inscrit dans son temps et son contexte, et élabore activement, depuis les années septante, de nombreux projets et expositions afin de promouvoir la scène artistique de la région, avec cette première édition de Jardin d’Hiver, le musée va encore plus loin. Forts du déménagement du musée en 2019 dans un nouveau bâtiment, Laurence Schmidlin – conservatrice du musée en charge de la biennale – et ses collègues avaient à cœur de repenser la mise en valeur de la scène artistique vaudoise avec une biennale au format bien particulier.

Un diptyque audacieux
D’un côté, le musée présentera une exposition monographique consacrée à un∙e artiste vaudois∙e et de l’autre, l’institution a fait un appel à projet sur invitation, où un∙e commissaire d’exposition extérieur∙e s’est vu∙e offrir l’occasion de concevoir une exposition autour d’une thématique personnelle, avec pour « contrainte » d’inclure entre huit et quinze artistes vaudois∙es. Avec la commissaire d’exposition Jill Gasparina et l’artiste Jean Otth, cette première édition promet d’être retentissante sur les deux plateaux des expositions temporaires du musée. De part en part de Jardin d’Hiver, il faudra s’attendre à un paysage renversant de la scène artistique vaudoise.

Un questionnement dialogique Alors que le MCBA nous livre, avec cette biennale, un des représentants avérés de la scène artistique vaudoise – Jean Otth – le parti pris de Jill Gasparina est tout autre. Son exposition repose sur une question restée en suspens: qu’est-ce que la scène artistique vaudoise?

Autour de ce questionnement, Jill Gasparina a réuni des artistes et des espaces d’art – dans un effort de parité, dans un désir de rendre compte des différentes dynamiques qui peuvent animer une scène (diplomé∙e∙s de l’ECAL, enseignant∙e∙s, collectifs…), le tout sans hiérarchie et leur a donné carte blanche pour qu’ils interrogent, à leur tour, leur place dans l’écologie artistique.

Comment peut-on être (du village d’à côté) persan (martien)? – En étant une exposition intuitive à la scénographie chaotique et brutale qui défie toute rationalisation; où l’espace est à toutes et tous, tout en leur échappant, et privilégie des dialogues imprévisibles.

Inévitablement, cette première édition de Jardin d’Hiver esquisse-t-elle peut-être pour la première fois, une certaine forme de réponse. À vous de voir.

Jardin d’Hiver #1
Biennale
Du 18 juin au 12 septembre 2021
MCBA, Lausanne
www.mcba.ch

Denis Savary, Corinna, 2021. Courtoisie Denis Savary