Jazz sur la Plage à Hermance:

rencontre avec son directeur Pierre-Edmond Gilliand

Les 17 et 18 août se tiendra dans le village médiéval d’Hermance (GE) le festival Jazz sur la Plage, rendez-vous incontournable de la rive gauche du lac Léman pour tous/toutes les amateurs∙trices de jazz, mais aussi pour celles et ceux qui apprécient le cadre convivial et l’atmosphère villageoise d’un festival gratuit. Alors que l’édition 2018 approche, nous avons échangé quelques mots avec son directeur, Pierre-Edmond Gilliand.

Texte et propos recueillis par Emmanuel Mastrangelo

« J’ai fait partie de l’équipe qui a fondé le Chat Noir à Carouge (ndlr: fameux club de la scène culturelle genevoise) », raconte Pierre-Edmond Gilliand. « En 2005, j’ai repris la direction du Jazz sur la Plage à Hermance, qui existe depuis 1992. Depuis, le festival a pris de l’ampleur, mais reste à taille humaine. Nous cherchons moins à présenter des têtes d’affiche qu’à travailler avec des projets originaux, des rencontres, des collaborations inédites, dans un certain esprit qui fait la part belle à l’ambiance et à la convivialité. Le public vient autant pour l’atmosphère que pour la musique, qui draine les amateurs par beau temps ou sous la pluie. Nous voulons rester un festival convivial gratuit dans un cadre villageois, et nous différencier ainsi des autres festivals.

Photo: Juan Carlos Fernandez

— Quelles sont les particularités de l’édition 2018?
— Nous avons une programmation variée sur quatre scènes. Le pianiste Moncef Genoud invite le saxophoniste Sylvain Beuf, le groupe de soul Lady Bazaar amène quatre invités, le quartet de Nicolas Masson présentera son nouvel album, un rappeur donne une nouvelle ampleur au Gypsy Sound System… La nouveauté de cette année est la Barque à Swing, où sont prévues animations et soirées DJs. Le Lemanic Workshop, atelier musical, y présentera le travail d’une semaine. L’atelier BricoJazz propose aux enfants de fabriquer des instruments de musique avec des matériaux de récupération, dans un esprit do-it-yourself et écolo. Et sur la plage, l’animation Tu m’as vu? lancera des défis au public.

— Avez-vous des coups de cœur pour cette année?
— En premier lieu, le pianiste Amaury Faye: son trio est tellement soudé, tu ne sais plus qui joue quoi. Mais aussi les vieux routards d’Awek, qui ont fait la première partie de John Mayall: du blues bien poisseux au son brut et honnête. Ils ne font pas du blues un prétexte mais l’affichent fièrement. Et puis un projet très spécial: la rencontre de Papanosh, aux influences fusion, avec le chanteur gascon de scat André Minvielle. Un beau projet aventureux qui vaut le détour.

— Pour conclure, quelques mots sur l’avenir du festival?
— J’aimerais organiser des concerts autour du festival, à d’autres moments de l’année. Notre collaboration avec le festival JazzContreBand (ndlr: qui a lieu en octobre, sur différents lieux de part et d’autre de la frontière franco-suisse) nous permet de gagner en visibilité et reconnaissance. En 2019, nous avons d’ailleurs le projet dans ce cadre d’une collaboration avec le Chat Noir dans la salle de l’Alhambra. Et surtout, resserrer encore le concept du festival autour du jazz, garder son âme…

Jazz sur la Plage,
Les 17 et 18 août à Hermance
www.jazzsurlaplage.ch