La cire et le feu

Paru en décembre 2019, La cire et le feu est le premier polar écrit par Sandrine Spycher, publié aux éditions 180°. Il est lauréat du Prix RomandNoir 2019, une distinction visant à faire découvrir au grand public des auteur·e·s de polars dont les œuvres n’ont jamais été éditées.

Texte: Arnaud Huber

Photo: Lana Cueto

Sandrine Spycher est une auteure vaudoise, journaliste et chroniqueuse. Son blog Je lis des polars, joliment rempli d’une trentaine d’articles en moins de deux ans d’existence, recense de nombreux romans noirs.

Aujourd’hui, de la critique littéraire elle passe à la création et publie La cire et le feu, dont la trame suit l’inspecteur Adrien Sauge dans son enquête autour du meurtre d’un jeune touriste.

Dans ce premier roman, elle prend un malin plaisir à inclure les éléments de la ville de Lausanne qui l’entourent et les lieux qu’elle fréquente. On pénètre dès l’incipit dans la Cathédrale, aux pieds de laquelle le corps est trouvé, puis on se retrouve à zigzaguer au milieu des préparatifs du Festival de la Cité ou à se balader aux abords du Petit Théâtre. Pour ancrer encore plus profondément la trame au sein de la Capitale olympique, différentes structures ont leur rôle à jouer; la police utilise des méthodes et des produits mis au point grâce à l’Université de Lausanne, et les personnages vont assister à la performance d’un collectif d’artistes reconnu dans le monde local des arts vivants.

Il est ainsi aisé pour toute personne qui connaît un tant soit peu la ville de façonner une carte mentale du parcours effectué par les protagonistes, et de vivre l’enquête (presque) en temps réel.

Les personnages du roman ont chacun leur caractère et leurs secrets, traits qui se mêlent à l’intrigue et y ajoutent une dimension humaine. La plume, légère, tout comme l’ambiance générale du livre, fait penser à un film policier américain, si ce n’est que, pour reprendre les mots d’un personnage secondaire, « c’est Les Experts Lausanne ». L’auteure souhaite toutefois se distancier de « l’excès et du sensationnalisme qui caractérise ces séries », et cite plutôt parmi ses inspirations télévisuelles la série française Section de recherches.

Sandrine Spycher arbore une écriture féministe, avec des questions qui peuvent faire réfléchir un lectorat masculin, mais aussi qui a trait à certains points sociétaux, trop peu abordés dans les polars, tels que le
travail du sexe, l’identité sexuelle ou encore une certaine spiritualité.

On pourrait parfois souhaiter que ces thèmes soient explorés plus en profondeur, ou que les dialogues cèdent moins à l’oralité, mais définitivement un bon premier jet d’encre… ou de sang, pour un moment de lecture agréable, facile et rapide et qui permet de voyager (pas si loin que ça!).

On ne peut donc que se réjouir de ses prochains ouvrages.

La cire et le feu
180° éditions, 2019
www.sandrinespycher.ch