L’enfance de l’art

Cet été, le Musée d’art et d’histoire de Genève rouvrira sur une toute nouvelle exposition au sujet de la représentation de l’enfant dans l’art suisse, de 1830 à 1930. L’occasion de mieux appréhender l’image artistique d’un sujet aux multiples facettes qui a su inspirer des artistes tel·le·s qu’Albert Anker, Wilhelm Balmer, Daniel Ihly, Alfred van Muyden, Ferdinand Hodler, Élisabeth de Stoutz, Martha Stettler ou encore le sculpteur Carl Angst. Une exposition à découvrir à partir de la réouverture du musée et jusqu’au 31 décembre 2020.

Texte: Mélissa Quinodoz

L’image de l’enfant dans la peinture occidentale a beaucoup évolué au fil des siècles. Longtemps cantonnés à certains types de représentation comme celles de l’enfant divin, de la figure allégorique ou du personnage politique, il a fallu attendre le 19e siècle pour que les enfants commencent à être considérés comme des sujets à part entière dans l’art et la littérature. Au siècle des Lumières, ils entrent ainsi dans les réflexions politiques, morales et sociales de l’époque et deviennent un objet d’étude pour les philosophes, les biologistes et les médecins. L’enfance devient alors un thème de prédilection autant dans la littérature, avec l’apparition de personnages populaires incontournables tels qu’Oliver Twist, Le Petit Lord Fauntleroy ou Heidi, que dans les arts plastiques. Une évolution qu’essaie aujourd’hui de retranscrire le Musée d’art et d’histoire de Genève à travers son exposition L’enfant dans l’art suisse: d’Agasse à Hodler. Le public pourra ainsi admirer des tableaux et des sculptures rarement, voire jamais mises en évidence au sein d’accrochages.

Divisée en quatre grands axes, l’exposition s’intéresse ainsi dans un premier temps à la maternité et au rapport mère-enfant. Il y est question, notamment, de l’image même de la maternité et des qualités qu’on lui a longtemps attribuées. L’exposition aborde ensuite le thème de l’enfant en famille et de la manière dont ce dernier modifie l’unité du couple. On découvre alors comment le bonheur familial est devenu, au 19e siècle surtout, un sujet artistique de premier plan à travers des scènes de genre intimistes et informelles. Plus loin, la rétrospective s’intéresse ensuite à la place de l’enfant dans la société, à son statut et au rôle qu’on attend de lui. Des problématiques comme l’intégration, le fait de servir la société et le respect de certaines valeurs civiques et morales sont ainsi mises en avant. Enfin, l’exposition ouvre la réflexion sur la souffrance des enfants, plus particulièrement au sein des classes laborieuses en abordant des thèmes comme la maladie, la famine ou la mort.

Organisée autour de ces quatre axes, l’exposition permet au final de découvrir comment des artistes du 19e et du début du 20e siècle ont su, en s’intéressant aux besoins, aux goûts et à la psychologie de l’enfant, capter l’évolution même de la société et adopter ce « nouvel » objet artistique.

L’enfant dans l’art suisse: d’Agasse à Hodler
Jusqu’au 31 décembre 2020
Musée d’art et d’histoire, Genève
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