Une musique qui adoucit les mœurs

Photo: Michel Bertholet

À tout juste 23 ans, Liana Menétrey est l’un des espoirs les plus prometteurs de la musique suisse. Depuis maintenant deux ans, on peut entendre sa voix suave résonner aux quatre coins du pays, mêlée aux accords veloutés de sa guitare, qui ne la quitte jamais. La jeune Vaudoise originaire de Lutry rencontre un succès croissant avec ses textes engagés et ses sonorités acoustiques, qui mêlent néo-soul, pop et bossa nova. Un talent à suivre de près.

Texte et propos recueillis par Athéna Dubois-Pèlerin

Le sourire aux lèvres, Liana Menétrey nous parle volontiers de son parcours, de son style et de ses projets. Son discours révèle une sensibilité à fleur de peau, qui lui permet de porter un regard clairvoyant sur le monde qui l’entoure, et lui garantit un sens fin de l’introspection. Sa musique lui ressemble: feutrée et délicate, bourgeonnante de fraicheur et de joie de vivre. Née d’une mère brésilienne, la jeune musicienne a très vite embrassé ses origines et les incorpore volontiers à ses mélodies: « J’aime la chaleur de la bossa nova. C’est une musique si riche, qui a emprunté au jazz la complexité de ses accords, mais où la dissonance est toujours travaillée pour se fondre dans l’harmonie ».

Parmi ses influences, Liana cite des jeunes noms de la néo-soul anglo-saxonne, tels que Tom Misch ou Jordan Rakei, aux côtés de piliers de la bossa nova, comme João Gilberto ou Caetano Veloso. Coté francophone, elle ne cache pas son admiration pour la pop engagée d’artistes comme Angèle et Yseult. « Mon style musical varie en fonction de la langue dans laquelle je m’exprime », affirme la musicienne trilingue. « Chaque langue ouvre un univers à part. Le portugais brésilien amène naturellement avec lui des sonorités ouatées, très douces. Tandis qu’en anglais, mes compositions prennent une texture plus groove, plus affirmée ». Quid du français? « Je suis très exigeante avec le français », rit-elle. « Peut-être parce que c’est ma première langue, c’est aussi celle dans laquelle je suis le plus sensible aux mots et à leur sens. Ça ne me dérange pas de chanter des chansons d’amour un peu naïves en anglais: en français, impossible, l’oreille est trop critique.

Si ses textes puisent largement dans son propre vécu, la jeune auteure-compositrice avoue également trouver dans les travers du monde une importante source d’inspiration. Certains de ses textes affichent ainsi une volonté de revendication assumée, qui passe par exemple par une dénonciation de la violence conjugale, ou du tabou de la santé mentale. « Je pense que la musique permet de faire passer un message que l’on n’écouterait pas forcément sous une autre forme. La beauté de l’art permet un contact avec une réalité qui elle, n’est pas belle. C’est une sorte de sublimation de la laideur du monde ».

Guitariste dès son plus jeune âge, Liana s’est mise par la suite au chant, un art auquel elle se forme depuis 6 ans à l’École de Jazz et de Musique Actuelle de Lausanne. Après un passage remarqué à The Voice en 2017, elle passe quelques années à jongler entre ses études de Lettres et sa carrière naissante de musicienne. L’année dernière, elle a notamment suivi une formation de composition et songwriting à la Gustav Académie de Fribourg. Les plus chanceux l’auront entendue récemment à l’occasion de la Fête des Vignerons, de la Fête de la Musique de Lausanne, au Fri-Son à Fribourg, ou encore cet été au Cully Plage Festival, un festival qu’elle a co-créé pour soutenir les musicien·ne·s locaux·ales.

Pour la suite? Peut-être un EP pour 2021, mais avant les enregistrements studio, il s’agira de retrouver le plaisir des performances live, sitôt que les bars, festivals et scènes musicales auront rouvert leurs portes!

Liana Music
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