Un lieu de référence pour les artistes locaux, bientôt à Lausanne!

Tandis que les endroits émergents se multiplient, Peterson Zerma et son associé, Stéphane Macé-Touré, se lancent dans une nouvelle aventure avec MonVinyl, un futur bar lausannois qui vise à réunir les gens autour de l’Art en programmant des artistes. Alors que son ouverture se retrouve repoussée en raison de la pandémie, les préparatifs du lieu ainsi que les récoltes de fonds ont bel et bien été lancés.

Texte et propos recueillis par Lara Liard

Photos: Naomi Piccirelli – Les yeux de Naomi

C’est dans les locaux de l’ancien bar le Vinyl que Peterson Zerma, 25 ans, a choisi d’installer son nouveau projet: MonVinyl. « C’est un endroit de ma jeunesse, j’y ai fait mon premier événement à quinze ans, donc il est symbolique ». À l’époque, ce passionné de photographie décide d’organiser des expositions afin de créer des occasions d’exposer, non seulement pour lui, mais aussi pour les autres artistes locaux·ales. L’association MonLausanne naît alors, produisant d’abord des expositions, mais elle deviendra également un festival par la suite. Dernièrement, la situation sanitaire a aussi donné l’idée à l’association d’en faire un label afin de produire des projets musicaux. C’est donc suite à ces nombreux projets pluridisciplinaires artistiques apparus grâce à MonLausanne que Peterson Zerma et son associé, Stéphane Macé-Touré, ont choisi de réunir les artistes et amateur·rice·s d’Art dans un seul et même lieu grâce à MonVinyl.

Le préfixe Mon labélise tous leurs projets, mais MonLausanne reste celui de base. Peterson Zerma l’explique ainsi: « Il faut les dissocier, car ils n’ont pas la même base. MonVinyl reste un établissement et c’est MonLausanne qui s’occupera de la programmation dans cet endroit ».

Le nouvel établissement lausannois proposera une multitude de concepts, tels que la programmation de concerts et d’événements, des tables rondes revisitées, des battles de danse, afin de replonger les client·e·s dans l’ancienne identité du Vinyl et de remettre ces événements en avant. Mais aussi, des soirées dansantes, une bibliothèque culturelle ou encore une grande table de travail. Cette dernière figure parmi les idées plutôt innovantes pouvant faire le charme de MonVinyl. Cette table permet d’offrir un espace où chacun·e peut venir travailler, que ce soit seule·e ou en groupe, car Peterson Zerma le précise: « Oui, c’est un bar, mais c’est aussi un lieu de rencontre et de partage ». Quant aux tables rondes revisitées, il s’agit du projet « trait d’union » qui permettra à chacun·e de s’exprimer sous la supervision de Boris Colinas. Les écrivain·e·s seront mis en lien avec les créateur·rice·s d’images afin d’unir leurs Arts.

Autre particularité du lieu: il s’agit de la bibliothèque culturelle, dont le but est de recenser les artistes qui le souhaitent dans une sorte de catalogue, en libre consultation dans l’établissement, afin de faciliter les contacts. Peterson Zerma illustre d’ailleurs cette idée comme étant une « toile d’araignée qui met en avant tout le monde ». Bref, MonVinyl est un endroit « pour que les gens puissent venir consommer de l’Art, notamment local, sans se demander ce qu’il y aura sur place, comme un QG d’artistes ».

Mais qui dit nouvel établissement, dit budget et aides financières. L’équipe du MonVinyl s’est lancée dans un rafraichissement des lieux, en veillant à garder son essence originale. Pour ce faire, une cagnotte en ligne a été lancée dans un but de récolter 12’000 CHF et la somme a été atteinte. Peterson Zerma explique
ce montant: « Il ne s’agit que d’une partie du budget. L’idée était de faire participer ceux qui le voulaient, car c’est un lieu pour tous. Mais aussi, de faire parler et de voir si ça pouvait intéresser les gens. Nous n’avons pas attendu cet argent pour commencer, mais nous préférions l’aspect participatif plutôt que de travailler uniquement avec des partenaires ». Pour ce projet, MonVinyl bénéficie également des aides de la ville de Lausanne, de l’État, mais surtout de la générosité de plusieurs entreprises.

Bien que les travaux aient avancé, la pandémie de Covid-19 a ralenti le lancement de MonVinyl. Mais Peterson Zerma reste optimiste: « Le seul point négatif, c’est que j’ai senti l’équipe moins motivée, car ça change la dynamique de ne pas savoir quand on pourra montrer notre projet. Mais le positif c’est que ça nous a permis plus de réflexion, de faire mieux et de prendre le temps ». Un autre avantage soulevé par le co-fondateur est qu’il s’agit d’une petite salle, ce qui permettra d’obtenir plus facilement des autorisations d’organiser des concerts, tant que la pandémie sera encore présente.

Comme Peterson Zerma aime le mettre en avant, MonLausanne, aussi bien que MonVinyl, ont comme valeurs « le love, le partage et le contact ». Le jeune Lausannois montre d’ailleurs sa volonté première de promouvoir l’Art local et les artistes: « C’est une bonne chose s’il y a plus de lieux émergents pour l’Art, car ça crée un marché. Il faut que les gens osent. Si on peut inspirer et s’il y a plusieurs lieux, tant mieux, on ne veut pas être les seuls. L’union fait la force! ». L’ouverture des lieux, initialement prévue pour la fin de l’année 2020, est pour l’instant repoussée à début 2021. « Au plus vite, selon les nouvelles de la Confédération », s’exprime Peterson Zerma, « quand on pourra ouvrir, on sera prêts! ».

Toute personne désirant proposer un projet au MonVinyl est priée d’écrire à cette adresse mail:
monvinyl.info@gmail.com