Sérendipité, équilibre, éducation

Le Rosey Concert Hall et sa directrice artistique Marie-Noëlle Gudin font de leur 7e saison une Renaissance. Dix dates pour une programmation à l’essentiel, un équilibre des genres, une place pour la création et la surprise.

Texte: Katia Meylan

Le groupe a cappella Naturally 7 devait symboliquement ouvrir la 7e saison, mais la situation ne permettra pas aux Américains de voler jusqu’à Rolle en septembre. Qu’à cela ne tienne! Marie-Noëlle Gudin, sereine, fait confiance à la sérendipité. La réactivité de la commission artistique dont elle fait partie a assuré au Rosey Concert Hall une saison à la hauteur des six précédentes.

Marie-Noëlle Gudin. Photo: ©Rosey Concert Hall

« On a commencé à imaginer la saison avant le covid et on l’a renforcée pendant. Cette idée de Renaissance nous a permis de sortir de l’esprit de confinement dans lequel on était ce printemps, de laisser libre cours à notre imagination. Finalement, c’est une saison où tout est remis en question, tout est devenu possible. Un exemple de concert de « dernière minute » est celui de l’OSR, que l’on devait accueillir l’année passée. Les calendriers des grands orchestres sont généralement remplis trois ans à l’avance, mais là, ils ont pu décider spontanément de dédoubler leur concert de novembre avec Christoph Koncz et Khatia Buniatishvili pour le jouer au Rosey ».

La jeune directrice laisse planer avec un sourire mystérieux qu’un autre concert pourrait arriver au pied levé en septembre…

À notre envie de savoir si, à la tête de la Fondation le Rosey, on a la liberté d’influencer la programmation de sa sensibilité et ses idéaux, la directrice répond, diplomate: « Ce qui est important pour moi, plus qu’un concert ou un autre, c’est de faire en sorte que la saison dans sa globalité soit équilibrée. Du classique, du jazz, de la chanson, et cette année de la danse avec le Béjart Ballet comme highlight. C’est peut-être ce qui ressort de moi, veiller à entendre et à équilibrer toutes les voix. Et c’est ça le plus fatigant! (rire). Après… j’ai des coups de cœur, c’est vrai que le concert Depardieu chante Barbara en était un. C’est un rêve de rencontrer Gérard Depardieu et ce sera un challenge de recevoir un artiste de sa trempe! ».

L’orchestre du Mariinsky au Rosey Concert Hall en 2019. Photo: ©Rosey Concert Hall

Accueillir les plus grands noms d’aujourd’hui et de demain, c’est ce qui caractérise de plus en plus le Rosey Concert Hall au fil des saisons, selon Marie-Noëlle. « Bien sûr, c’est facile de remplir les salles avec des têtes d’affiches. Mais la Fondation le Rosey poursuit un but d’éducation et de soutien. Je n’ai pas la prétention de savoir qui sont les grands noms de demain, mais quand des jeunes talentueux ont besoin d’un petit coup de pouce, on aime leur donner leur chance ». En reflète la collaboration avec le Prix Paderewski de piano, ou la création mondiale du compositeur et Lausannois d’adoption Matteo Riparbelli, qui sera interprétée par les élèves de la Menuhin Academy.

Une attention pédagogique est également prêtée côté public. Le Rosey Concert Hall a fidélisé des mélomanes romand·e·s et bien sûr des élèves de l’institut. Mais la dimension de partage s’étend à toute la région: « Il y a 2 ans nous avons lancé le concept des billets à 10.- pour toutes les écoles de l’Arc lémanique. La réponse est encore assez timide et je souhaiterais voir encore plus d’écoles fréquenter le Rosey Concert Hall! », conclut la directrice.

Tout le programme de la saison sur
www.roseyconcerthall.ch