Le choix du cœur assuré

Chaque année, la Fondation Leenaards remmet ses bourses culturelles à huit artistes prometteur·euse·s dans les domaines des arts visuels, des arts de la scène, de la littérature et de la musique. Nous avons rencontré récemment l’une des lauréates, la mezzo-soprano Stéphanie Guérin, qui nous parle de son parcours.

Texte: Katia Meylan

Photo: Anne-Laure Lechat

Dès son entrée à l’école secondaire et ce durant 7 ans, Stéphanie Guérin fait partie du Chœur d’enfants de la Maîtrise de Notre Dame de Paris. Bien qu’on le lui suggère, la jeune femme n’imagine alors pas encore faire du chant lyrique sa profession. Si la musique est sa passion, elle penche plutôt pour des études scientifiques. À 17 ans, elle commence à prendre des cours de chant particuliers, et réfléchit posément à la possibilité d’une carrière dans la musique. Il lui importe toutefois de peser le pour et le contre, d’entendre l’avis de professionnels. « En recevant les encouragements escomptés, je me suis dit que c’était maintenant ou jamais, et si je ne le faisais jamais, j’allais le regretter toute ma vie », se rappelle-t-elle. Elle se prépare, passe les concours et entre à la Haute École de Musique de Genève (HEM).

L’année dernière, alors qu’elle était encore en études, elle obtient un rôle dans Così fan tutte de Mozart, mis en scène par Jean Liermier à l’Opéra de Lausanne. Un premier défi professionnel de taille pour la jeune femme; « À la HEM on est entre étudiants, là je montais sur scène aux côtés de chanteurs expérimentés qui avaient déjà tous une carrière… J’ai beaucoup appris, c’était impressionnant au début, mais ils ont tous été très gentils, et j’ai réussi tant bien que mal à me fondre dans l’équipe », dit modestement celle que l’on a vu rayonner sur scène dans le rôle de la volage Dorabella.

La mezzo-soprano, qui avait l’habitude d’interpréter de la musique sacrée depuis son plus jeune âge, souhaite désormais approfondir le côté théâtral qu’offre l’opéra.

Toutefois, elle sait prêter l’oreille aux plus ancien·ne·s du métier qui conseillent de continuer à se produire dans différents contextes, notamment dans des récitals. En effet, si elle se réjouit que l’opéra la mène au-delà de ses limites, elle admet que ce genre musical comporte certaines lignes artistiques à suivre, dictées par le rôle, les choix d’un·e metteur·euse en scène ou d’un·e chef·fe d’orchestre. Le récital est un travail différent, « jouissif également car il fait appel à notre créativité, on est libre de choisir ce qu’on veut chanter ».

Pour la jeune chanteuse lyrique qui a terminé ses études au Conservatoire en juin dernier, la bourse Leenaards tombe à point nommé, ou plus concrètement nous ditelle, « au moment où tout devient payant. Passer des auditions demande de voyager et cela occasionne vite des frais. Pour les chanteurs c’est un vrai problème. Grâce à la bourse je n’aurai pas à hésiter à me rendre à une audition, et je vais aussi pouvoir me déplacer pour travailler avec des professeurs en privé. Je prévois également de faire des enregistrements, des vidéos ».

Stéphanie Guérin a également fait réaliser son nouveau site internet sur lequel on peut la suivre:
www.stephanieguerin.com
Plus d’informations au sujet de la Fondation Leenaards sur www.leenaards.ch